Le bikepacking : une nouvelle manière de voyager à vélo en toute légèreté

Publié par 
Jean-Baptiste Lasserre,
le 
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Le bikepacking : une nouvelle manière de voyager à vélo en toute légèreté

Depuis quelques années, une pratique a fait son apparition sur les sentiers cyclistes européens : le bikepacking. À mi-chemin entre cyclotourisme, randonnée et VTT, cette nouvelle manière de voyager à vélo semble séduire de plus en plus de voyageurs.

Le bikepacking, simplicité, légèreté et flexibilité

Sacoches vélo VTT pour Bike Packing
© Fernando Northpak – Pixabay

On connaissait le backpacking, cette manière de voyager avec un sac à dos – le plus léger possible – pour seul compagnon. Les voyageurs à vélo ont aussi trouvé leur façon de voyager léger. À la différence près qu’ils utilisent un vélo plutôt que leurs pieds pour se déplacer. Le bikepacking est, en effet, directement inspiré de son cousin pédestre.

Venue tout droit des Etats-Unis, cette pratique est née du vélo tout terrain. Au départ, il s’agissait pour les vététistes de réussir à charger leur VTT dépourvus de porte bagages afin de partir plusieurs jours, tout en évitant de porter un sac à dos trop lourd.

>> A LIRE : Zoom sur l’aventure à vélo avec le Bike packing

Dans cette volonté de s’affranchir des contraintes de bagages, le bike packing est avant tout une recherche d’optimisation de l’espace sur son vélo. Une méthode qui permet une plus grande liberté qu’un cyclovoyage classique. Ici, pas de porte bagage, les sacoches doivent être pratiques et légères. Le but restant de se déplacer avec le moins de chargement possible. Un retour à l’essentiel, sans superflu, pour retrouver l’essence même du voyage.

Voyager à vélo avec un équipement bien spécifique

Cette pratique qui diffère du voyage à vélo classique nécessite un équipement particulier qui doit, avant tout, être compact. C’est pourquoi les sacoches vélo sont les meilleures amies du bikepacker. Sur un vélo qui respecte la géométrie classique du triple triangle, quatre endroits peuvent être exploités pour positionner des sacoches. Tout en profitant d’un point de fixation robuste, ces équipements offrent également une meilleure répartition des charges et une plus grande stabilité du vélo.

Sacoche de guidon bikepacking
© Jereme Rauckman – Flickr

Première alliée : la sacoche de guidon, qui peut contenir de 3,5L à 8L. Elle permet au cycliste de garder des accessoires indispensables à portée de main sans avoir à s’arrêter et descendre du vélo. Les sacoches de cadre ou frame bags peuvent contenir une capacité plus ou moins similaire de 3L à 6L. Fixées au-dessus du tube de cadre, les top tube, quant à elles, sont idéales pour ranger des produits moins nécessaires comme de la nourriture ou des outils. Enfin, les saddlebag serviront à mettre la plus grosse partie du matériel. Attachées au tube de selle, elles peuvent contenir et supporter des charges assez lourdes et volumineuses, comme des vêtements ou des chaussures.

Les sacoches de bikepacking sont généralement conçues avec des matériaux et des toiles légères, robustes et imperméables. Elles sont fabriquées pour résister sur tout type de terrain et avaler les kilomètres, quelles que soient les conditions météo. Avec ce matériel, le bikepacker est prêt à affronter les éléments en gardant ses affaires au sec.

Une pratique qui ouvre des horizons multiples

Et le vélo dans tout ça ? La plupart des bikepackers utilisent des VTT. Les plus pointilleux opteront pour une fourche rigide pour gagner encore plus en légèreté. En général, les vélos de bikepacking sont équipés de pneus larges pour pouvoir rouler sur tous les terrains.

Voyager à vélo avec un vélo de course
© LITE MOUNTAIN GEAR – Flickr

Mais l’utilisation du VTT n’est pas une obligation. On peut très bien bikepacker sur un vélo de course, un vélo de cyclo cross ou sur un vélo de voyage. Parce que c’est aussi cette capacité d’adaptation qui fait la nature et le succès du bike packing. Des innombrables combinaisons pour des possibilités infinies de voyage. Le voyage à vélo à encore de beaux jours devant lui.

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2 comments

  1. Bravo Vince pour ce cours magistral qui, à mon « jeune » âge de 71 ans, me met du baume au coeur.
    En effet, le « bikepacking » fait plus chic que « vélo à sacoches » même pour ses adeptes français qui ne comprennent pas la langue anglaise/américaine.
    J’ai toujours roulé « léger » mais avec une paire de sacoches montées sur un porte-bagages arrière qui ne pèse que 600 gr. Dans cette paire de sacoches, j’y loge tout ce j’ai besoin -ni plus, ni moins ».
    Lorsque je dois gravir quelques bosses en danseuse, je n’ai pas un « saddle bag » démesuré qui prend 30° d’angle de chaque côté même si le serrage sur la tige de selle est à son maximum.
    Quant au « frame bag », il vaut mieux pédaler avec les jambes en cerceau pour éviter les coups de rabot !
    Bref, comme tu l’écris très bien, les seules bénéficiaires de cette tendance (de mode) sont bien sûr les fabricants et distributeurs.
    Mais, comme tous les goûts sont dans la nature, faisons en sorte que le seul dénominateur commun de notre passion demeure le VELO, sous toutes ses formes de voyage !

  2. Le bikepacking est avant tout une mode, dans le sens où c’est présenté comme nouveau, venant des E-U.

    C’est une vraie nouveauté pour le VTT car avant l’arrivée d’une gamme de sacoches adaptées au VTT, on était obligé de rouler avec un sac à dos. C’est entendu.

    Mais pour la route, ça n’est absolument pas une nouveauté: le voyage léger à vélo de route a toujours existé.
    Pourquoi donc continuer à répandre le discours des fabricants et des marchands: le voyage à vélo léger serait une nouveauté grâce au bike-packing?

    Pour comprendre, tout cela, il faut revenir à l’antagonisme entre les cyclos « tradis » genre FFCT des années 60 à 80 qui avaient codifié de manière très rigide ce qu’était le « vrai » cyclotourisme et dont il reste pas mal de nostalgiques dans les génération « papys », et les cyclos « modernes » très influencés par le marketing des marques, la performance etc. Pour ces derniers les sacoches traditionnelles représentent l’objet de clivage. Ils ne veulent à aucun prix s’équiper de sacoches à cause de l’image qu’elles véhiculent. Un peu comme les skieurs de randonnée alpine modernes qui abhorrent les tenues « knickers » des « cafistes », le adeptes d’une pratique de la montagne « pure », c’est à dire « comme avant ».

    En réalité, le cyclotourisme « léger » a existé depuis toujours. Les sacoches de cyclotouristes ne sont lourdes que depuis que le standard est devenu la sacoche étanche inventée par Ortlieb pour les tour-du-mondistes. Les sacoches anciennes étaient en tissus. Il suffirait d’utiliser des matériaux modernes pour avoir des sacoches « ultralight » fixées sur des porte-bagages eux-mêmes aussi « ultralight », adaptés au poids transporté. Les cyclotouristes d’antan pouvaient très bien voyager léger avec soit seulement une sacoche de cintre, soit une sacoche de cintre + 2 sacoches avant (ou arrière).
    Le plus cocasse, c’est que graduellement, les solutions bike-packing sont entrain de revenir aux solutions rejetées initialement. En effet, la fixation sur le cadre, soi-disant plus légère et plus pratique n’est ni tellement plus légère (les sangles pèsent), ni plus pratiques (en réalité moins pratiques car attacher correctement sur un cadre ou un cintre avec des sangles est moins facile qu’avec des crochets sur porte bagages ou fixation de cintre klick-fix). Donc les « inventeurs » du bike-packing reviennent aux systèmes de support fixés au cadre: ils réinventent les porte-bagages, non sans ajouter leur touche de créativité (ce qui est bienvenu).

    Le bike-packing n’est pas non plus nouveau car des marques comme Berthoud et Carradice avaient depuis longtemps (80 ans) inventé des sacoches fixées à la selle, permettant de s’affranchir de porte bagages AR. En plus, les harnachements bike-packing avec plusieurs sacoches, à l’intérieur du triangle de cadre, au dessus de la barre horizontale, derrière la selle, sur les fourreaux de fourche, au cintre, comme on en voit apparaître n’est évidemment pas plus léger qu’une double paire de sacoches traditionnelles. Par contre, ces solutions bike-packing sont:
    – beaucoup moins pratiques: plusieurs sacs fixés par sangles, difficiles à accrocher; pas souple à charger en raison de la forme des bagages contraintes par leur emplacement.
    – mal équilibrées sur le vélo, car cela rehausse le centre de gravité. C’est normal pour un VTT qui passe sur des single-track avec des obstacles bas, pas pour un vélo qui roule sur routes et chemins.
    – les sacoches frottent et les points d’usure sont nombreux. Pour éviter ce problème, on doit utiliser des tissus plus résistants, ce qui augmente le poids

    En bref, le bike-packing est une nouveauté principalement marketing, qui permet à des vendeurs de matériel de « dynamiser » le marché, en prétextant que cela permet de nouvelles pratiques comme le voyage à vélo léger. C’est faux (à part pour le VTT) mais in fine, ça n’est pas si grave car le résultat est que cela permet de donner de la visibilité à une pratique du vélo qui n’a jamais disparue mais qui était coincée entre le vélo de route sur cadres de course, à la journée et les pratiques de cyclo-voyage avec des vélos lourds, parés pour un tour du monde, même si leurs adeptes allaient simplement rouler sur l’Eurovélo 6 entre St Nazaire et Tours. Il n’y a que quelques années en arrière, voyager léger sur une randonneuse était le comble du « passéisme », désormais, grâce à la pub, aux multiples photos sur réseaux sociaux et une qualification de « nouvelle pratique », c’est devenu hyper tendance.
    Nous vivons une époque formidable!

    PS: cet antagonisme et cette « haine de la sacoche » est un cas français. Les anglais roulent depuis toujours sur des vélos de bike touring », chargés ou moins chargés, avec des pneus plus larges adaptés au routes comme aux chemins.

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