Apologie de l’économie du vélo !

Publié par 
Othello Desurmont,
le 
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Apologie de l’économie du vélo !
christine lagarde a velo

Symbole de mobilité et de durabilité, le vélo est devenu un terrain d’innovation sans précédent. A Paris et ailleurs, on repense la ville pour l’y intégrer au mieux et on le subventionne. Et si le vélo devenait le principal levier de l’économie durable ?

L’économie du vélo échappe à une lecture simpliste. Elle est même d’autant plus intéressante qu’elle est révélatrice de nouvelles figures de l’économie. En considération d’une lecture économique académique, le vélo ne pèse pas lourd et cela ne changera pas beaucoup, car l’objet est léger, relativement peu coûteux, « durable » en quelque sorte. Mais, au regard de l’écosystème que nous vivons, des injonctions du développement durable, de l’envie de plus de proximités, de plus d’autonomie, de ville vivable, le vélo illustre des transformations qui le dépassent mais dont il incarne bien de multiples formes. C’est même un terrain assez excitant d’innovations.

Le Vélib’ a été le révélateur d’une économie des biens partagés qui existe depuis longtemps mais qui a pris là une forme spectaculaire et dont on observe un développement dans le domaine des mobilités avec les concepts serviciels de l’automobile. Du concept romain de propriété privé – usus, abusus et fructus –, on ne conserve que le premier, l’usage – si on oublie les vols et dégradation du parc (l’abusus, le droit de détruire) ; là c’est une autre histoire, intéressante d’ailleurs dans l’économie du vélo, car le vélo est un article dont le vol est banal, comme si le vélo était a priori un bien en partage.

Une des incidences de ce partage est bien entendu une économie pour chacun et pour tous, au premier degré. Les 18.000 vélos franciliens ont produit à ce jour plus de 50 millions de voyages, une productivité à toute épreuve même si on inclut les vols et dégradations. L’idée est tellement évidente que la ville de Hangzhou en Chine, jetant un œil sur son rétroviseur, a porté son parc de vélos en libre-service à 50.000 unités et que Pékin s’est assigné le même objectif. Forcément, l’échelle n’est plus la même.

Le Vélib’ est quasi gratuit, en tout cas peu cher. En cela, il répond à l’économie de la subvention, généralisé dans le transport, mais inédite dans le vélo. Maintenant, on assiste à des déclinaisons de ce principe, avec par exemple les prêts longue durée, voire les subventions à l’achat. Sans doute faut-il s’attendre à d’autre innovations de ce côté, tant l’appétence des territoires est forte à promouvoir ce mode actif. On peut se demander d’ailleurs s’il ne faudrait pas étendre ce principe de subvention encore plus dans le vélo et pourquoi pas dans la marche, tellement les bénéfices individuels et collectifs de ces modes sont importants. « Subventionner la marche ». C’est en quelque sorte ce que font les Londoniens avec Legible London.

L’économie sur l’objet : le vélo

  • Le vélo, le vélo électrique, le vélo thermique (Solex) et toutes les hybridations qu’on peut attendre.
  • Sur le plan industriel, l’objet vélo est un filon d’innovations et un secteur porteur parce qu’il est populaire. Sur le plan social, c’est l’ouverture à d’autres clientèles (des vélos adaptés aux enfants, séniors, handicapés…). Sur le plan environnemental, on n’a encore qu’une faible idée de ses incidences.
  • Les équipements du vélo de toute sorte – classique, informatique, numérique… guidage, info temps réel… – connaissent une éclosion formidable. Il faut s’attendre à de multiples innovations, comme « l’augmentation » du vélo (MIT, le moyeu intelligent à récupération d’énergie), les terminaux dédiés du vélo, etc. Tout se joue là autour de l’énergie (ménager les efforts, jouer des substitutions et compléments d’énergie…), de la découverte (lieux masqués, itinéraires inédits…), de l’autonomisation des pratiques et de l’augmentation des transports publics (par ses capacités de rabattements sur les modes lourds et par ses capacités d’évitement de modes motorisés).

L’économie sur le service au vélo

  • Stationnement. C’est sans doute un secteur prioritaire. Il faut s’attendre à de forts développements de ce côté, puisque la garantie de sûreté est une obligation si on veut élargir les usages du vélo : des stationnement à domicile, au travail, dans les lieux des transports, etc. Un gros chantier. Signe ? La ville de New York remplace 5.000 parcmètres pour en faire des arceaux accueillant des vélos. Si les politiques commencent à y croire !
  • Voies cyclables. Au delà des pistes cyclables dédiées, on peut espérer assister à une transformation de la voirie assez radicale pour permettre la cohabitation pacifiée des modes, en privilégiant la marche et la pause. Une autre façon de voir la ville. Là encore, New York City donne le ton.
  • Systèmes d’info, sites wiki. C’est évidemment un secteur exubérant de l’économie du vélo dont il reste à mesurer l’importance (sans doute dérisoire en termes d’investissements et de dépenses, mais incontournable en termes d’externalités, voir ci-dessous). Les wikis qui apparaissent, des sites Web dont les pages sont modifiables par tout ou partie des visiteurs du site, parlent marchabilité, cyclabilité

L’économie sur les externalités du vélo

Mais la part la plus importante de l’économie du vélo est invisible et masquée parce que ce sont de externalités positives. Ses incidences sont multiples : sociales, environnementales et budgétaire (pour les ménages, les entreprises, les territoires).

La substitution d’un parcours vélo à un parcours motorisé a nécessairement des incidences, moins de voitures, moins d’embouteillages, moins de temps perdu, moins de pollution, moins de territoires artificiels, plus de santé, etc.

Cette économie recèle une puissance bien plus forte que celle qu’on lui attribue a priori. Elle appelle une attention bien plus conséquente que celle qu’on lui accorde. Le vélo est un levier de l’économie durable qui s’avèrera sans doute bien plus conséquent que la voiture électrique par exemple. La Chine, encore elle, a déjà un parc de 120 millions de vélos électriques.

Source :
L’Expansion

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