Le guide des vélos en libre service en France

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Jean-Baptiste Lasserre,
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Le guide des vélos en libre service en France

La plupart des grandes villes françaises proposent aujourd’hui des dispositifs de vélo en libre-service (VLS). Vélib’, Vélo’v, V’Lille, Vél’Hop, ses noms vous évoquent peut-être quelque chose. Souvent attelées à une borne en station, ces bicyclettes urbaines, reconnaissables à leur style bien particulier et à leur couleur, permettent de réaliser des courts déplacements urbains. Pour vélotaffer ou en voyage, le VLS est une bonne option pour éviter la voiture en ville ! On vous explique tout dans notre guide sur le vélo libre-service en France.

Le vélo en libre service, une solution récente et peu coûteuse

Le VLS, qu’est-ce que c’est ?

Le succès des vélo en libre service
© Rog01 – Flickr

Un dispositif de vélos en libre service, ou VLS, consiste à mettre à disposition dans l’espace public des bicyclettes que l’on peut emprunter librement pour se déplacer, gratuitement ou moyennant un coût minime. Idéal pour les déplacements de proximité en milieu urbain, le vélo partage est généralement proposé par la ville dans les lieux publics les plus fréquentés. Le vélo en libre-service vient donc s’intégrer pleinement dans la mobilité urbaine tout en respectant les préoccupations environnementales et en améliorant la qualité de vie en ville.

Principal avantage, le VLS lève trois freins à la pratique du vélo. En effet, plus besoin de se poser la question du stationnement à domicile puisque la bicyclette reste dans l’espace public. Plus besoin non plus de craindre le vol car le vélo n’appartient pas à l’utilisateur. Et enfin, terminée la problématique de la maintenance et de la réparation de son vélo, prise en charge par l’opérateur du service de VLS.

Quelques inconvénients peuvent toutefois être soulevés. Les tarifs et modalités d’abonnement sont variables en fonction des villes. Et il n’est pas toujours très facile de comprendre le fonctionnement du service. Aussi, les vélos mis à disposition sont souvent plus lourds et moins maniables que les vélos personnels classiques.

À l’origine du VLS, les vélos jaunes de La Rochelle

Les fameux vélos jaunes de La Rochelle
© Région Nouvelle Aquitaine – Francoise Roch

En France, l’histoire du VLS commence à La Rochelle au milieu des années 1970. Pionnière dans le développement urbain du vélo, la ville prend en 1976 une initiative alors totalement loufoque. Mettre gratuitement à disposition de ses habitants des vélos utilisables quand ils le souhaitent. 350 de ses fameux vélos jaunes sont répartis dans 3 stations du centre-ville, offrant ainsi le premier service gratuit de vélos en libre-service de l’Hexagone.

En 1998, Rennes lance son Vélo à la carte, le premier libre-service vélo entièrement informatisé au monde. Exploité par Clear Channel, ce dispositif modèle le système économique qui va se généraliser autour du VLS partout en France.

Vient ensuite le tour des grandes métropoles qui introduisent à leur tour leurs solutions de VLS. En 2005, Lyon lance Vélo’v, alors le plus important service de VLS à son lancement. Puis Paris lance son célèbre Vélib’ en juillet 2007. Une mode qui envahit rapidement la capitale. Les médias communiquent copieusement sur le Vélib’. Et le vélo revient dans les esprits comme un moyen de transport sain, écolo, économe et pratique ! Tout le monde s’y met, de nombreuses villes françaises emboîtent le pas à cette période. Et les services de VLS se multiplient : Orléans, Montpellier, Nantes, Nice, Valence, Saint-Etienne, Strasbourg, Lille…

Les systèmes de VLS français connaissent un succès retentissant. Et leur utilisation ne cesse de progresser et de battre des records. Aujourd’hui, la volonté est d’intégrer au service de VLS des flottes de vélos à assistance électrique, comme les récents Vélib’ parisien ou les futurs Vélo’v lyonnais.

Les dispositifs de VLS traditionnels sont toutefois concurrencés aujourd’hui par l’arrivée des vélos en free-floating. À l’initiative d’entreprises privés, ils ne nécessitent pas de borne d’attache ni de station et peuvent être débloqués grâce à une application smartphone.

Quel coût pour le vélo en libre service ?

Une borne d'une station Vélib' à Paris
© Mario Roberto Durán Ortiz – Wikimedia Commons

La plupart des services de VLS français dépendent d’un modèle économique basé sur la publicité et l’affichage urbain. Historiquement, l’Américain Clear Channel fut le premier à financer ce type de dispositifs. Aujourd’hui, il se dispute le marché avec un autre géant de l’affichage et du mobilier urbain, JC Decaux. Le groupe publicitaire français, également gestionnaire de mobilier urbain, prend en charge le coût et la maintenance des vélos en échange d’espaces publicitaires. Et exporte désormais partout dans le monde son système Cyclocity lancé à Vienne en 2003. Depuis, d’autres opérateurs moins importants se sont à leur tour insérés sur le marché français pour tenter de tirer eux-aussi leur épingle du jeu. Comme Transdev, Effia, Smoove ou encore Keolis.

Pour les municipalités, l’avantage est clair. Désengorger leurs centres villes avec un mode de transport non polluant, et sans budget supplémentaire pour la ville. En France, seule la Métropole d’Orléans ne dépend pas de ce modèle de financement par la publicité. Elle finance elle-même le fonctionnement de son service Vélo’+.

En termes de prix, les différences entre les villes sont importantes. Pour 30 minutes d’utilisation, il faudra débourser de 1 euro pour un Vélib’ à Paris à 1,60€ pour utiliser un V’Lille et 1,70€ pour un V³ bordelais. Dans certaines villes comme à Lyon, un abonnement est nécessaire pour utiliser un VLS. L’abonnement pour un Vélo’V est par exemple à partir de 15 euros par an. Du côté des offres de free-floating, les prix sont moins élevés : comptez en moyenne 0,50€ pour une demi-heure d’utilisation.

>> A LIRE AUSSI : bien choisir ses accessoires de signalisation à vélo

Les services de vélos en libre-service en France

Dans la capitale : le Vélib’ parisien

La nouvelle génération de Vélib' parisiens
© Chabe01 – Wikimedia Commons

Depuis sa mise en place, le Vélib’ a réussi à se faire sa place dans la capitale et à conquérir le cœur des parisiens. On recensait 290 000 abonnés en 2017. Soit une augmentation de 13% par rapport à 2013 qui était déjà à l’époque une année record.

Après 10 années d’exploitation par JCDecaux, le Véli’b parisien est passé en 2017 entre les mains de Smoovengo. Nouveau design, nouvelles couleurs pour les Véli’b parisiens. On passe du gris au vert pomme pour les vélos classiques, et au bleu pour les VAE. C’est d’ailleurs la principale nouveauté de ce Vélib’ nouvelle génération : 30% de la flotte passe en électrique. D’autres nouvelles améliorations sont aussi à relever. Telles qu’un compteur sur le guidon et une prise USB pour recharger ses équipements. Mais également un dispositif overflow permettant d’attacher un vélo à un autre en cas de station pleine. En 2018, année de transition entre les deux opérateurs, ce chiffre a chuté à 219 000 abonnés mais devrait repartir à la hausse dès cette année.

Vélo’V, le VLS de Lyon

Une station de Vélo'V à Lyon
© Chris 73 – Wikimedia Commons

Deuxième système de vélo en libre service le plus utilisé en France : le Vélo’V lyonnais. Avec un peu plus de 75 000 d’abonnés en 2018. Exploité par JC Decaux, le VLS lyonnais vient, lui auss,i de changer ses bicyclettes contre une nouvelle génération de vélos plus légers et plus maniables. À l’été 2018, 4 000 vélos ont ainsi été remplacés en une seule nuit. Suivi par la modernisation des 348 bornes. L’opérateur a annoncé que des vélos électriques viendront prochainement compléter la flotte. Et réfléchit également à un système overflow pour pouvoir stationner le vélo même lorsque la station est pleine.

À Lille, une très forte utilisation du V’Lille en centre-ville

Du côté de la cité nordiste, le V’Lille lancé en 2011 est aussi devenu incontournable. Très utilisé dans l’hyper-centre de la ville, le VLS lillois compte près de 15 000 abonnés. 2 200 vélos sont aujourd’hui répartis sur 223 stations. Mais un redéploiement de certaines stations en fonction des besoins constatés est prévu pour mieux toucher la première couronne et les villes en périphérie.

V'Lille, le vélo libre service lillois
© Marco Verch – Flickr

Le V’Lim de Limoges, le succès d’un service destiné à l’origine aux étudiants

À Limoges, l’idée de mettre en place un service de VLS voit le jour en 2013 afin d’offrir aux étudiants de la ville un moyen de transport plus pratique et plus économique. Une trentaine de vélos sont mis à disposition dans un premier temps. Fort de son succès, la flotte de vélos couleur mandarine est aujourd’hui passée à 655 bicyclettes !

Strasbourg, de la location plutôt que du libre-service

La capitale française de la bicyclette se distingue par son service de location de vélos longue et courte durée : Vélhop, lancé en 2011. À la différence du VLS, le vélo partagé strasbourgeois ne permet pas le one-way. C’est-à-dire de réaliser des trajets d’une station à une autre. À chaque utilisation, le cycliste doit ramener le vélo à son emplacement d’origine. Les Vélhop, classiques et électriques sont disponibles dans 20 stations et 6 boutiques de la métropole.

Station Vélhop, le vélo libre service strasbourgeois
© Claude Truong-Ngoc – Wikimedia Commons

Le Dk’vélo de Dunkerque

Dunkerque s’est aussi doté d’un service de VLS en 2013 avec le Dk’vélo. 46 stations réparties dans la ville permettent aujourd’hui d’emprunter le vélo bleu dunkerquois.

Le Vélocité d’Angers pour emprunter un vélo

À l’image de Strasbourg, la ville d’Angers a également opté pour un système de prêt de vélo plutôt que vélo en libre-service : le Vélocité. Après la signature d’un contrat de prêt, un vélo est remis à l’utilisateur pour une durée d’une semaine minimum à trois mois maximum. Le prêt peut être renouvelé trois fois pour chaque emprunteur. Contrairement au service de VLS, plutôt à destination des visiteurs occasionnels et des touristes, le système angevin est destiné aux résidents plus réguliers. Le but de la démarche : donner le goût du vélo pour que les utilisateurs s’achètent par la suite leur propre bicyclette.

Le VLS hors de France

Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède ou encore la Suisse sont également de la partie en Europe. De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis et le Canada ne sont pas en reste. D’après le Bureau du recensement des États-Unis, 623 000 Américains utilisaient un vélo pour aller travailler en 2008. Soit une augmentation de 33% par rapport à 2004.

Free-floating : le vélo libre-service sans bornes

Free-floating : des vélos en libre service Indigo Weel
© Micka13 – Wikimedia Commons

2018 a vu déferler dans les villes françaises une véritable horde de bicyclettes libre service sans station. Jaunes, verts pomme, bleus ou blancs, des centaines de vélos sont apparues sur les trottoirs de nos centres-villes. Gobee.bike, Mobike, Ofo, Obike ou encore Indigo Weel ont investi les grandes métropoles pour offrir aux usagers un nouveau service de vélo. Des bicyclettes en free-floating, que l’on peut déverrouiller grâce à son smartphone et qu’il est possible de laisser partout. Sur le même principe, Lime, Spin ou VOI proposent également des trottinettes en libre service dans les grandes villes françaises.

>> A LIRE AUSSI : les accessoires pour cyclistes en VLS

Article Publié le : 9 novembre 2013 et révisé le 6 février 2019.

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2 comments

  1. comment faire pour louer un velo en ile de france

    1. Consultez notre article sur Le Véli’b pour plus de précisions.

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