La guerre du vélo en libre-service à Paris

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Dera Victory,
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La guerre du vélo en libre-service à Paris

Une « guerre du vélo en libre-service » fait rage à Paris. L’entreprise Smoove est sortie victorieuse de son face à face avec JCDecaux. Cependant, avec l’arrivée du nouvel acteur Gobee.bike dans la capitale, un nouvel affrontement est désormais possible…

Smoove contre JCDecaux pour le marché du vélo en libre-service à Paris

Pour rappel, Vélib’ est le système de vélo en libre-service de la ville de Paris. Disponible depuis juillet 2007, il était géré jusqu’à aujourd’hui par le groupe JCDecaux. Pour l’occasion, celui-ci a alors décliné une version parisienne de son système appelé Cyclocity. Depuis, le Velib’ « version JCDecaux » a toujours été en situation de monopole dans la capitale. Toutefois, JCDecaux a dû récemment faire face à un nouveau concurrent. En effet, Smoove a fait son apparition sur la scène parisienne du VLS. Créée en 2008, cette entreprise a alors livré bataille contre l’équipe JCDecaux dans le cadre de la gestion future du Velib’ Paris. Gérant plus de 715 stations vélos, 8 800 VLS et 13 000 vélos de location longue durée, au mois d’avril dernier, Smoove a fini par s’imposer face au détenteur actuel du marché. Elle s’est ainsi vu attribuée la gestion de Vélib’ pour la période 2018 – 2032.

Les vélos SmooveCette décision d’attribuer le marché des Vélib’ parisiens a Smoove a été prise à une majorité écrasante par le syndicat mixte Autolib’ et Vélib’ Metropole, d’après sa présidente Marie-Pierre de la Gontrie. Ainsi la date du transfert de l’activité a été définie au 1er janvier 2018. Ce marché d’une durée de 15 ans, qui s’élèverait à 600 millions d’euros, appartiendra donc dorénavant à la PME montpelliéraine, faisant, pour rappel, partie avec Indigo, Mobivia et Moventia du consortium Smoovengo. Dans ce consortium, c’est Indigo, leader mondial du stationnement et de la mobilité urbaine, qui sera alors en charge la réparation des vélos et du réassort des stations. Moventia pour sa part, (une entreprise de transport espagnole), se chargera de l’installation des stations. Smoove, quant à elle, spécialisée dans le vélo libre-service sera responsable de la construction des vélos, des bornes d’attache ainsi que des totems.

Déjà un nouveau concurrent ?

Gobee.bike débarque à Paris

Cependant pour Smoove, il se pourrait que les réjouissances ne soient que de courte durée. Effectivement, à Paris, un nouvel adversaire a déjà débarqué. Il s’agit de Gobee.bike et de ses fameux vélos verts. Une question peut ainsi se poser : Smoove aurait-elle des soucis à se faire ? Il semblerait en effet que Gobee.bike ait tout pour plaire. Tout d’abord, ses vélos sont réputés bien plus légers et maniables que ceux existant actuellement. En outre, ceux-ci n’ont pas besoin de bornes et pourront être déposés dans n’importe quel parking à vélos. Qui plus est, ils présentent un autre atout de taille : celui d’être géo-localisables. Avec Gobee.bike, les usagers pourraient donc ne plus jamais être dépendants des bornes. Toutefois, il se pourrait que ceux-ci deviennent dépendants à toute autre chose …

Pour pouvoir utiliser l’un des vélos verts de Gobee.bikes, il faut en effet savoir que les clients devront disposer d’une application mobile. Donc d’un smartphone et d’une connexion internet. C’est seulement via cette application dédiée qu’il sera possible de localiser et déverrouiller les vélos. Le tout se fera en scannant un QR code. A noter en outre que seuls les utilisateurs disposant d’un compte auront la possibilité de déverrouiller et d’utiliser les vélos estampillés Gobee.bikes.

Au niveau des prix par ailleurs, bien que ceux-ci puissent sembler des plus abordables, (seulement 0,5 euros par demi-heure), il faut savoir qu’une caution devra être versée avant toute utilisation des bicyclettes. Celle-ci sera de 15 euros pour les utilisateurs qui auront créé leur compte sur l’application dans les quatre semaines suivant le lancement du service. Elle sera cependant de 50 euros pour tous ceux qui se seront inscrits après ce délai.

>> A LIRE : Après Lille, le service de VLS Gobee.bike pose sa béquille dans la capitale

Plusieurs interrogations

De plus, avec ce nouveau venu, de nombreuses questions restent encore en suspens. Parmi elles par exemple, comment va s’organiser le parc de vélos ? Va-t-on pouvoir en trouver partout ? Ou encore est-ce que la société va intervenir pour équiper tous les quartiers de Paris ?… En tout cas, avec déjà toutes ses qualités, Gobee.bike se présente comme un sérieux concurrent. D’ailleurs, l’entreprise l’a déjà fait savoir. Celle-ci compte bien tout mettre en oeuvre pour  rapidement se faire une place dans l’Hexagone. Parmi ses objectifs : étendre ses services à une dizaine de villes en France et en Europe d’ici la fin de l’année. Pour Gobee.bike, devenir une alternative au Vélib’, semblerait ainsi tout être à fait possible. Du moins sur le papier.

Quelle pourrait être la stratégie de contre-attaque de Smoovengo ?

Néamoins, du côté de Smoovengo, et notamment chez Smoove, on semble déjà être paré à toutes les éventualités. En effet, face à son adversaire, l’entreprise montpelliéraine a elle aussi de nombreux atouts à faire valoir. Parmi eux par exemple : le fameux boîtier électronique dont sont équipés ses vélos. Ce boîtier autonome en énergie, alimenté par dynamo est celui qui permet un accès direct et rapide aux vélo de Smoove. Avec lui, plus besoin de clé ni de totem. Grâce à cette innovation, la sécurité des vélos est par ailleurs assurée. Ce boitier est effectivement un système antivol et anti-vandalisme à lui seul. En outre, à l’instar de Gobee.bike, Smoove pourra elle aussi se vanter de proposer aux parisiens des vélos plus légers et plus malléables. Les vélos seront notamment dotés un système de communication embarqué et avec guidage.

Plus intéressant encore, les vélos Smoove profiteront d’une innovation appelée « Overflow ». Cette dernière permettra alors aux usagers de déposer leur vélo à une station, malgré que celle-ci n’ait plus de places disponibles. Effectivement avec ce système, le cycliste pourra simplement attacher son vélo à un autre, déjà attaché à la station. Cette solution pourrait selon les explications résoudre un problème auquel se heurtent fréquemment les usagers actuels du Velib’. Enfin, il faut savoir qu’un tiers des vélos de Smoove sera équipé d’une assistance électrique. Ceux-ci seront proposés par Mobivia. Il s’agira alors d’une nouveauté en plus dans le domaine du vélo en libre-service. Nouveauté qui devrait largement pouvoir plaire à bon nombre d’usagers. A suivre !

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