Le vélo en libre service dans le monde, état des lieux

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Jean-Baptiste Lasserre,
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Le vélo en libre service dans le monde, état des lieux

Si avoir des vélos à disposition pour se déplacer dans une ville est devenu une banalité pour nombre d’entre nous, qu’en est-il dans le reste du monde ? Le système de vélo en libre-service (VLS) connait un certain succès dans l’Hexagone depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, ce sont près de 1000 villes d’une soixantaine de pays du monde qui sont équipées de systèmes de vélos en libre service. On vous explique tout.

VLS dans le monde : une guerre entre exploitants

Globalement aujourd’hui, le marché du VLS dans le monde est partagé entre trois opérateurs. Les deux géants du mobilier urbain, l’Américain Clear Channel, devenue iHeartMedia, avec son système SmartBike. Et son concurrent de toujours, le Français JCDecaux avec son système Cyclocity. Et le Canadien Motivate et ses systèmes PBSC et Bixi.

La guerre du vélo en libre service dans le monde
Concurrence VLS dans le monde © Jean-Baptiste Lasserre / Citycle

Quelques entreprises se font aussi leur place tels que Transdev en France ou Smoove qui a récemment récupéré l’exploitation du Vélib’ parisien.

Dans certains pays, on retrouve toutefois des systèmes spécifiques comme en Allemagne, où le système Call a Bike est exploité par l’entreprise ferroviaire Deutsche Bahn. En Suisse, Velospot et PubliBike sont les deux systèmes les plus étendus.

Le système de VLS allemand Call a Bike à Berlin
VLS à Berlin © Superbass – Wikimedia Commons

De son côté Marrakech est la première ville d’Afrique a s’être dotée d’un système de VLS, le Medina Bike.

Vélo en libre-service dans le monde, Medina Bike à Marrakech
VLS à Marrakech © Jean-Baptiste Lasserre

La Chine, un record de vélos en libre service

L’essor impressionnant du VLS

Contrairement aux idées reçues, ce n’est toutefois pas en Europe et dans les pays les plus « bike friendly » comme le Danemark ou les Pays-Bas que l’on compte le plus grand nombre de VLS, mais bien en Chine !

Malgré son retard par rapport aux premiers pays à avoir mis en place ce système, la Chine a vite comblé ses lacunes. Rien qu’en 2013, la Chine a lancé 65 nouveaux programmes en rapport avec la promotion du vélo. Les autorités investissent massivement dans des systèmes de « vélo-partage » depuis une dizaine d’année. Le gouvernement chinois, motivé par des objectifs de réduction de pollution et des embouteillages monstres auxquels les chinois font face, a mis l’accent sur une politique de transports mettant en avant le vélo. La Chine est même parvenue à dépasser de loin les pays les plus réputés en matière de « vélorution ».

L’Empire du Milieu totalise dans ses villes plus de 400 000 VLS, sans compter les vélos en free floating. Bien loin devant la France et ses 46 000 bicyclettes en libre-service. L’Allemagne est aussi détrônée avec seulement 12 000 vélos.

Vélo en libre service, la Chine explose les records
VLS dans le monde : la Chine

Parmi les villes disposant du plus de vélos en libre services, les villes chinoises trustent les premières places. 11 d’entre elles se classent dans les 15 premières. Paris et Séoul arrivant seulement 8 et 9ème. La seconde ville européenne, Londres, se classe en quinzième place. À titre de comparaison, la ville de Hangzhou en Chine possède 84 000 vélos en VLS, soit presque 4 fois plus qu’à Paris et sa flotte de 24 000 Vélib’.

Un ratio vélo/habitant déséquilibré

Si les chiffres semblent démesurés, il ne faut pas oublier que la Chine est le pays le plus peuplé du monde. Le pays compte presque 1,4 milliards d’habitants, soit un cinquième de la population mondiale.

Cependant, il s’agit là d’un argument qui joue aussi en sa défaveur. Car, en prenant en compte le rapport entre le nombre de vélo et le nombre d’habitants, la Chine est vite détrônée par l’Hexagone. En effet en France, avec 67 millions d’habitants, on compte un vélo en libre-service pour 1 450 habitants. Contre un pour 3 500 habitants environ en Chine. (Bravo la France !)

L’impact du free floating

Les offres de vélo en freefloating ont fait encore plus explosé les records. Depuis 2013, pas moins de 70 entreprises de vélo en libre-service ont inondé le pays de près de 27 millions de bicyclettes. On compte par exemple aujourd’hui près de 1,5 million de vélos flottants pour la seule ville de Shanghai. Avec les nombreuses conséquences qui en découlent, et notamment des cimetières de vélo à perte de vue.

Dans la tentaculaire ville de Wuhan, dont la population avoisine les 11 millions d’habitants, le programme de développement d’un service de VLS voit le jour en 2009. Progressivement, les bicyclettes se sont multipliées dans les rues de la ville jusqu’à atteindre 40 000 vélo en libre service. Seulement le free floating est passé par là, menée par les géants chinois Ofo et Mobike. En 2017, le nombre de vélos approchait les 700 000, alors que la capacité maximale de la ville était estimée à 400 000. À tel point que le programme de VLS public a dû être interrompu en novembre 2017.

>> A LIRE : Le free-floating, le libre-service sans station

Dépassé par son succès en Chine, le vélo en libre service semble toutefois être une solution idéale à l’échelle des villes européennes.

[article publié le 7 septembre 2014 et mis à jour le 30 septembre 2019]

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4 comments

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