Agnès, comment je suis tombée dans le bain du voyage à vélo

Publié par 
Emilie De Citycle,
le 
Accueil, Interviews / portraits, On parle de vous

Partager

Agnès, comment je suis tombée dans le bain du voyage à vélo

Première réponse à notre appel à témoignages de cyclistes vacanciers ayant décidé de troquer la voiture pour leurs vacances. Voici Agnès qui partage avec nous ses premiers voyages à vélo. Pourquoi le vélo ? Comment se lancer, comment s’équiper ? « Une seule alerte : une fois tombé dans le bain du voyage à vélo, on a du mal à en ressortir ! »

A vélo, ce n’est plus la destination qui compte, mais le voyage lui-même

2016, sur le point d’être diplômées d’université, on veut partir à l’aventure avec trois amies, découvrir le monde. Nous avons 6 mois et notre choix se porte sur l’Amérique du Sud. Se pose ensuite la question du comment. En bus ? Mouais, nous n’avons pas envie d’aller uniquement de grande ville en grande ville et le budget serait conséquent. En stop ? Trop risqué. A pied ? Les distances sont trop grandes. A vélo ? A vélo ! Assez rapide pour pouvoir parcourir des distances correctes. Assez lent pour avoir le temps de profiter des paysages et être obligées de s’arrêter régulièrement dans des petits villages ou au milieu de nulle part.

Et puis c’est costaud un vélo, il porte tout, rien sur le dos. Ça passe partout (ou presque), on ne dépend de rien et on peut être autosuffisant avec pas grand chose. C’est mécanique, chaque kilomètre parcouru se fait à la force des jambes. Chaque panorama se mérite et se savoure à sa juste valeur. C’est économique, pas de budget trajet (sauf pour rejoindre le point départ / arrivée en fonction du voyage). Et si on le combine avec le bivouac, pas de budget hébergement.

Et puis le plus important, on est à ciel ouvert, à portée de voix – les gens sont curieux et le contact se fait très facilement ! A vélo, ce n’est plus la destination qui compte, mais le voyage lui-même.

Témoignage, comment préparer son premier long voyage à vélo ?

Nous n’avions jamais fait de voyage à vélo avant, mais l’entraînement et le rodage se fait sur place. Il suffit de prendre son temps au début et de ne pas être trop stressé sur les timings.

Entre Warmshower et pièces de rechange en cas de casse

Le vélo, c’est la liberté. Sur tous mes voyages, l’itinéraire était préparé dans les grandes lignes avant de partir. Ensuite, il s’est fait sur le trajet et au fur et à mesure des rencontres. Warmshowers est un réseau d’hébergement gratuit de cyclistes en voyage par des cyclistes (type couchsurfing). C’est formidable, entre autre pour ça. Déjà dans des grandes villes, où il n’est pas possible de bivouaquer, ou alors l’hiver ou quand on voyage seul, etc. Cela permet d’avoir un hébergement et une douche. Et surtout, être hébergé par des cyclistes qui connaissent leur région. On en apprend beaucoup sur la région et les meilleures routes à parcourir à vélo. Enfin, il faut rester flexible. Et il y a toujours la possibilité de prendre un bus ou train pour compléter le parcours si on manque de temps. A vélo, pas d’impératif !

>> A LIRE AUSSI : comment voyager en transports avec son vélo

Pour faire 8 000 km dans les Andes en 2017, on a acheté de bons vélos. Robustes, qui passent partout et sur lesquels tout est réparable. Avec des pièces standards qui se trouvent dans le monde entier – en se disant qu’on les revendrait peut-être en rentrant, vu l’investissement. En rentrant 6 mois plus tard, c’est inenvisageable et ils continuent de parcourir les routes de France et d’Europe depuis.

Les itinéraires tout faits et l’intermodalité

En 2018 par exemple, un an après être rentrées, nous prévoyons des vacances à Prague avec des amis. Avec une des amies avec qui j’étais en Amérique du Sud, il nous reste 2 semaines de vacances à poser. Sans hésiter, nous décidons d’aller à Prague à vélo – en partant de chez nous cette fois.

Avec un retour en bus de nuit, en chargeant les vélos dans la soute. Cela est de plus en plus accepté par les compagnies de bus trans-européennes, avec des bus qui sont même équipés de porte-vélo. Là où le train peut-être une bonne option en France pour rejoindre le point de départ ou d’arrivée, c’est souvent très cher ou compliqué pour traverser l’Europe. Et l’avion n’est pas idéal avec des vélos (il y a toujours un risque de casse). Le bus est donc un bon candidat.

Au mois de juillet cette année, en ayant marre de faire des plans lointains avec des amis qui sont annulés sans cesse pour cause de Covid, nous décidons de partir huit jours dans le massif central la semaine suivante. On part avec nos vélos, notre tente, en préparant rapidement un itinéraire. Il y a également beaucoup d’itinéraires tout faits sur internet (voir les sites comme France Vélo Tourisme, etc). Rien à préparer, rien à réserver. On ne prévoit pas nos arrêts journaliers. Et cela nous laisse la flexibilité de nous arrêter une demi-journée. A Laguiole, par exemple. quand on se rend compte qu’on peut y visiter des coutelleries. Ou 3 heures sur les bords du Lot un autre jour. Simplement pour se baigner en attendant que le coup de chaud de début d’après-midi passe.

>> A LIRE AUSSI : les conseils pour débuter en cyclotourisme

Le voyage à vélo peut prendre de multiples formes ; quel cycliste êtes-vous ?

Le voyage à vélo peut prendre de multiples formes et s’adapter à toutes les envies. Du voyage en milieu isolé et climat hostile pour se challenger et repousser ses limites, au séjour plus confort près de chez soi pour découvrir différemment le patrimoine culturel et gustatif local. Tout est possible – en tente ou en auberge, en autonomie avec réchaud ou en resto, etc.

Il y a le sportif sur son vélo de route avec l’équipement minimum soigneusement accroché à son cadre. Le baroudeur qui voyage avec sa guitare. Ceux qui voyagent en famille avec les enfants qui se transforment en Robinson Crusoe et racontent leurs aventures des étoiles dans les yeux. L’étudiant qui veut voyager à moindre coût. Le retraité qui veut profiter du temps qui passe. A vous de forger votre voyage comme vous l’entendez. A vélo, chaque instant est une aventure et en 3 jours on a l’impression d’être parti une semaine.

Comment commencer ? Lancez-vous ! Pas besoin d’équipement très sophistiqué si c’est pour partir pas trop loin ou pas trop longtemps. Une fois qu’on est équipé, c’est aussi bon pour tous les voyages suivants. Il y a de très nombreuses ressources, sur internet ou en librairie, pour savoir quoi emporter. Comment réparer une crevaison, comment faire son itinéraire, etc.

Et puis ne pas avoir peur de partir sans tout savoir. L’expérience m’a montré qu’on trouve toujours une âme charitable en cas de pépin. Où ça ? Partout ! Il existe de nombreux itinéraires « officiels » qui traversent la France et l’Europe à vélo : la Loire à vélo, La Vélodyssée® de Paris au Mont Saint Michel, l’Avenue Verte Paris-Londres, toutes les EuroVelo. Il y en a pour tous les goûts, mais on peut faire du vélo n’importe où ! Un week-end entre amis prévu pas trop loin de chez vous ? Allez-y en vélo, vous vivrez deux week-ends en un !

Une seule alerte : une fois tombé dans le bain du voyage à vélo, on a du mal à en ressortir ! Bons voyages !

Merci à Agnès pour son témoignage. Si cela vous intéresse de partager, vous aussi, votre histoire de cycliste, n’hésitez pas à nous envoyer votre récit à media@citycle.com

Partager

3 comments

  1. Je confirme l’adiction .j’ai commencé à 32 ans avec mon épouse voyage en tandem . Paris / Limoges . Marseille / vallée deu Champsaur. Marseille / Rodez / Montpellier/ Marseille.etc……
    Puis je suis passé au tricycle couché mon épouse au VAE car nous avons maintenant 76 et 78 ans notre fille de 40 ans nous accompagne en velo normal car elle aussi a été gagné par ce goût du voyage à velo.derniers voyages : la Loire à velo puis la Flow velo.
    Tout cela pour dire qu’il n’y a pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour avoir la sensation d’aventure . Le velo suffit et la France est tellement belle .

    1. Félicitations à vous deux, Mireille et Alain. Vos aventures à vélo ont l’air vraiment agréable. N’hésitez pas à participer à l’un de nos appels à témoignages cyclistes: soit celui sur le cyclotourisme, soit celui sur les vélos insolites. Un tricycle couché et un VAE, c’est une belle paire de vélos différents. Merci de votre intérêt pour nos articles et bon vélo à vous.

  2. il y a aussi le cycliste surfeur, qui voyage avec sa planche, un allemand que nous avons accueilli dans le cadre de warmshovers et qui a passé ses vacances sur les côtes françaises ! et je confirme : » une fois tombé dans le bain du voyage à vélo, on a du mal à en ressortir ! « 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Catégories

Newsletter cyclisme


Qualité de l'air