Les ronds-points à vélo, véritable casse tête! Comment les aborder?

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Les ronds-points à vélo, véritable casse tête! Comment les aborder?

Il y a quelques jours, j’ai reçu d’un ami le courriel suivant :

Nous avons des opinions divergentes, F. [sa compagne] et moi, quant aux dispositions du code la route sur l’usage des clignotants dans les « ronds-points ». J’ai essayé de trouver sur internet sans résultat. Qu’en est-il ? Merci pour ton aide.

Ah ! Les fameux ronds-points ! Problème et objet de débats aussi multiples que passionnés, d’où il ressort rarement une solution puisque, si nous avons pris aux Anglais cette efficace manière de gérer les intersections, nous n’avons pas su inventer une manière cohérente de nous y comporter. Bien sûr, il y a quelques dizaines d’années, de magnifiques schémas avaient été dessinés dans les bureaux des administrations chargées de régir la circulation automobile, mais ces idées, au demeurant tout à fait intéressantes, avaient le tort de ne s’appliquer qu’à des situations parfaites dont on ne trouve, hélas, que bien peu d’exemples dans la vraie vie. Combien de carrefours à sens giratoire (c’est leur véritable nom) à deux ou trois voies circulaires, à deux ou trois voies d’entrée, à une ou deux voies de sortie en France ? Tout au plus 5%, voire 10%, ce qui est loin de faire une généralité.

Pour nous cyclistes, le carrefour à sens giratoire est un piège et un casse-tête, car nous ne savons pas comment nous y comporter. Et quand nous copions les automobilistes, nous sentons bien que les choses risquent de mal se passer, et aucun d’entre nous n’a envie de passer sous les roues d’une voiture.

Alors, comment faire ?

La première préoccupation du cycliste, c’est d’assurer sa sécurité vis à vis des automobilistes. Ces derniers, qui savent rarement ce que circuler à vélo signifie, n’ont qu’une idée imprécise des besoins et du comportement des cyclistes, et de celui qu’ils doivent adopter vis à vis d’eux. Il est donc nécessaire d’être particulièrement clair, de bien se faire comprendre.

Premier principe, donc : occuper le terrain, prendre sa place, toute sa place.

Cela signifie que le pire des comportements est de  » laisser la place  » aux voitures en serrant sa droite tant à l’entrée que dans le giratoire. Cela n’a que des inconvénients, ce bord extérieur étant le plus souvent jonché de détritus divers, graviers, morceaux de verre, fatals à nos fragiles pneumatiques. De plus, la nature ayant horreur du vide, plus les cyclistes cèderont la place, moins les automobilistes leur en laisseront. C’est dommage, mais c’est ainsi.

Second principe : oublier les  » conseils  » donnés dans les auto-écoles et par les IPCSR (Inspecteurs du Permis de Conduire et de la Sécurité Routière) sur le placement avant et dans les giratoires.

La méthode enseignée, peu efficace, peu pratique et peu sûre pour les automobilistes, est objectivement suicidaire pour les cyclistes en raison de l’écart de vitesse entre eux et les autres véhicules. Oublions donc au moins temporairement l’article R412-9 du code de la route et son deuxième alinéa ( » Toutefois, un conducteur qui pénètre sur un carrefour à sens giratoire comportant plusieurs voies de circulation en vue d’emprunter une sortie située sur sa gauche par rapport à son axe d’entrée peut [c’est ce  » PEUT  » qui est important] serrer à gauche.« ).

bien se placer dans un rond point à vélo

Que faire alors ?

À l’entrée dans le giratoire, se place dans la file de droite (s’il y en a deux ou plusieurs), bien au milieu, sans serrer ni à gauche ni à droite.

Dans le giratoire, rester sur la file de droite, la file extérieure, bien au milieu, afin d’éviter aux automobilistes la tentation de vous dépasser – ils le feront par la file de gauche s’il y en a deux ou plusieurs, et devront, dans ce cas, bien respecter les préconisation de l’article R412-9 précité qui dit, dans son alinéa 3 :  » Chaque manœuvre de changement de voie à l’intérieur du carrefour à sens giratoire reste soumise aux règles de la priorité et doit être signalée aux autres conducteurs. « 

On n’est pas plus clair.

Tant qu’on est dans ce giratoire, bien veiller à signaler qu’on ne tourne pas à droite (qu’on ne sort pas) en tendant le bras gauche à l’approche de chaque sortie à droite, et, évidemment, signaler du bras sa sortie dès qu’on arrive à proximité de la voie qu’on a choisi de prendre.

À la sortie, ne pas se rabattre brutalement à droite, car toute manœuvre trop brusque est de nature à surprendre les autres usagers, mais se placer à droite, dans la bande cyclable s’il y en a une, sur une bonne vingtaine de mètres.

Bien sûr, cette manière de faire peut paraître originale, et même de nature à s’attirer les foudres de nombre d’automobilistes qui pensent que les cyclistes doivent s’écarter pour leur laisser le passage – car le monde est ainsi fait que la raison du plus fort… Les choses sont différentes quand on a été victime d’un de ces conducteurs qui sortent brutalement à droite d’un giratoire sans avoir prévenu, et sans avoir vérifié si, par hasard, ils ne coupaient pas la route à un cycliste.

Depuis des années, j’enseigne la conduite des automobiles, et depuis bien plus d’années encore, je me déplace à vélo en ville à raison d’un minimum de 5.000 kilomètres par an. Mon expérience, dans ces deux domaines, m’a permis d’offrir des solutions aux difficultés de la circulation, avec comme objectif la sécurité de tous, et la tranquillité des conducteurs. Essayer de suivre cette voie n’est pas une obligation, c’est une alternative. Chacun doit donc pouvoir y trouver son compte.

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7 Commentaires sur "Les ronds-points à vélo, véritable casse tête! Comment les aborder?"

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Isabelle
Invité
Je roule à vélo depuis au moins 30 ans, et j’approuve totalement les conseils donnés par l’auteur. Toutes les solutions qui plaquent les cyclistes à l’extérieur sont de la fausse sécurité, et les obligent à presque ou tout à fait s’arrêter à chaque branche. Il faut que les cyclistes s’entraînent à occuper l’espace. Je dirais même que plus la circulation est rapide ou nerveuse PLUS il faut être dedans. Pour les OBLIGER à nous doubler de loin. De plus il faut être conscient que le champ de vision de l’automobiliste est assez étroit; sur le côté, il ne nous voit… Read more »
Sness
Invité

Bravo très bon texte, clair et didactique. Je suis également cycliste urbain depuis des années et approuve ces consignes. Il n’y a pas pire danger pour un cycliste que de vouloir s’effacer dans la circulation, prendre sa voie est un réflexe de sécurité qui peut amener à échanger, courtoisement, aux feux rouges, des points de vue divergents sur la circulation urbaine. 😉

Alain2pau
Invité

Tout à fait d’accord avec Régis Hulot, je circule pas mal en ville. Il faut être vu par les automobilistes, pour cela il faut être devant eux, pas à côté. L’automobiliste ne pense pas qu’il peu y avoir un cycliste à droite, il ne voit que la voiture devant lui. Si le cycliste est là, il le voit . Nous gênons, mais en fait nous n’avons pas d’autre solution.
Bonne route à tous.

Michel
Invité

J’adhère totalement à ce qui est écrit dans cet article. Nous avons de nombreux ronds-points dans notre secteur et les aborder ne me pose plus de problème. J’y ai trouvé ma place. Il ne faut pas hésiter à indiquer avec le bras si l’on continue ou quitte. Pour informer et s’affirmer. Les coloris fluo peuvent en imposer ainsi que l’allure sportive.
Pratiquant depuis une quarantaine d’années, j’ai constaté une nette amélioration du comportement des automobilistes vis à vis des cyclistes.

p'tite tête
Invité

C’est vrai que c’est compliqué d’aborder un rond point à vélo.
Personnellement je suis assez lente donc prendre toute une place me rend nerveuse. Quand il y a trop de monde et que je ne suis pas pressée je préfère encore rouler sur le trottoir et faire le tour du rond point ^^

Séb
Invité

Tous ces conseils sont pleins de bon sens.
Je suis moi même cycliste urbain (7 à 80000km par an) et j’ajouterai à tout cela une chose très importante, c’est de capter le regard des utilisateurs motorisés. Pour moi c’est un gage de sécurité énorme, de savoir que l’autre vous à vu.

Séb
Invité

Il fallait bien sûr lire 7 à 8000 km 🙂

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