Élections municipales 2020 à Nantes, vers un retour du vélo ?

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Jean-Baptiste Lasserre,
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Élections municipales 2020 à Nantes, vers un retour du vélo ?

Quelque peu dépassée par les autres métropoles françaises sur la question du vélo après un âge d’or au milieu des années 2010, Nantes peut profiter de la prochaine échéance électorale pour réagir. La thématique de la bicyclette s’impose en effet comme un sujet important et peut être décisif de la campagne des élections municipales 2020 à Nantes. Notre dossier sur les municipales 2020 en France et le vélo fait aussi le point au bord de l’Atlantique.

Nantes, un précurseur dépassé

L’époque Ayrault et les prémices d’une politique cyclable sérieuse

Longtemps considérée comme la plus sérieuse concurrente à Strasbourg pour s’imposer comme capitale française du vélo, il faut dire que Nantes a entrepris très tôt une politique municipale vélo-friendly. Sous la mandature de Jean-Marc Ayrault, élu en 1989, la ville a connu une profonde transformation. D’abord concentré sur le réaménagement du centre-ville et l’amélioration des transports publics, en ouvrant de nouvelles lignes de trams ou une ligne de bus en site propre, le maire socialiste se penche sur la question du vélo à la fin des années 2000.

>> A LIRE : Le vélo à Nantes et Strasbourg, une rivalité cyclable ?

En 2002, quelque 50 000 déplacements quotidiens s’effectuent à vélo. Et bien que les cyclistes se multiplient dans la cité des Ducs, ils ne représentent que 2 % des déplacements dans l’agglomération nantaise. « Trop peu » pour Jean-Marc Ayrault, qui lance en 2008 le système de vélopartage « Bicloo ».

Le Bicloo, le VLS nantais
© European Cyclists’ Federation – Flickr

Sous son impulsion, Nantes Métropole adopte même en 2009 un premier plan vélo de 30 millions d’euros sur 10 ans. Avec l’objectif d’atteindre les 15 % de part modale vélo d’ici 2020. La ville est d’ailleurs une des premières en France à prendre des mesures aussi significatives. Généralisation des zones 30 km/h, des doubles-sens cyclables, des sas-vélo et des « tourne-à-droite ». Multiplication des bandes cyclables et des stationnements vélo. Expérimentation d’une chaussée à voie centrale banalisée « chaucidou ». Et même une aide à l’achat de VAE de 200 €.

Nantes, première ville à expérimenter le Chaucidou
Schéma d’un Chaucidou, une voie centrale pour les voitures et deux voies pour les vélos © Paysages – Wikimedia Commons

Les années dorées du cyclisme nantais

Très vite, les efforts nantais payent. La ville est désignée « capitale verte » de l’Europe en 2013. Elle entre également pour la première fois dans le classement des villes cyclables de Copenhagenize à la 6ème place mondiale.

Lorsque Jean-Marc Ayrault part pour rejoindre le gouvernement comme Premier Ministre en 2012, le vélo représente 3 % des déplacements. C’est sous la mandature de Johanna Rolland, élue à la mairie en 2014 que Nantes entre dans une nouvelle ère cycliste. 2015 signe une année charnière pour la Venise de l’Ouest. Elle est désignée pour accueillir le congrès international Vélo-City et maintient sa 6ème place à l’index Copenhagenize. Un nouveau plan vélo de 50 millions d’euros est voté jusqu’en 2020.

Velo-City 2015 s'est tenu à Nantes
© Velo-city

Un manque d’ambition politique

Toutefois, ce dernier est moins ambitieux que le précédent. L’objectif de 15 % de part modale en 2020 est réduit à 12 % en 2030… La cité des Ducs semble se reposer sur ses lauriers, et l’engouement laisse peu à peu place à l’engourdissement. En 2017, Nantes chute à la 16ème place du classement Copenhagenize avant de disparaitre totalement de l’édition suivante.

Municipales 2020 : les associations qui militent pour le vélo à Nantes

L’association Place au Vélo

Créée en 1991 pour obtenir le droit de passage des vélos sur le Pont de Cheviré, Place au Vélo a aujourd’hui pour but de promouvoir l’utilisation du vélo comme moyen de transport au quotidien sur l’agglomération nantaise. Avec ses 1300 adhérents, elle essaye d’inciter les Nantais à se mettre à la bicyclette, et milite auprès des pouvoirs publics pour que le vélo soit mieux prit en compte dans les politiques locales.

À l’occasion des élections municipales 2020 à Nantes, l’association Place au vélo a élaboré son propre Plan vélo 2020-2026, constitué de 50 propositions pour les candidats à la mairie. Un Plan vélo raisonnable, qui reprend l’objectif de 12 % de part modale en 2030 et intègre des mesures concrètes et facilement réalisables telles que la création d’un « Réseau express vélo », l’élargissement des pistes cyclables, l’amélioration de la visibilité des itinéraires cyclables ou encore l’augmentation des stationnements fermés et sécurisés.

Transport Nantes et son projet Velopolitain

À l’approche des élections municipales nantaises, un mouvement citoyen est apparu, Transport Nantes. Ce collectif, qui se revendique apartisan, milite pour des politiques publiques plus ambitieuses et plus efficaces en faveur des transports doux. Il porte notamment le projet « Velopolitain Nantes » qui vise à mettre en place un Réseau Express Vélo continu, sécurisé, maillé et lisible. Le mouvement a également lancé une pétition adressée aux candidats, qui a déjà dépassé le millier de signatures.

Elections municipales 2020 à Nantes, les propositions vélo des assos nantaises
La carte du futur réseau Velopolitain proposé par les associations nantaises © Transport Nantes

Les candidats aux élections municipales 2020 à Nantes et le vélo

Du côté de la ville de l’Atlantique, les prétendants à la mairie de ses élections municipales 2020 sont plutôt des candidates plus ou moins cyclistes.

Les candidates qui roulent pour le vélo

Johanna Rolland, la candidate sortante et favorite à sa propre succession a d’ores et déjà présenté un plan en faveur du développement du vélo. Un investissement de 100 millions d’euros sur les 6 ans de son mandat municipal pour un plan vélo basé sur 24 engagements. On retrouve notamment la création d’un réseau express, 7 000 places de stationnement supplémentaires, 25 stations de Bicloo en plus ou encore la généralisation des amendes pour les automobilistes garés sur les pistes cyclables.

De son côté, la candidate LR Laurence Garnier se désole de la régression nantaise. « Il y a 10 ans Nantes avait de l’avance en matière d’écologie mais aujourd’hui la ville doit rattraper son retard ». Et si elle veut faire de Nantes la « première Naturopole européenne », elle a aussi annoncé une « révolution » de la politique cyclable nantaise. Elle a révélé 12 propositions pour créer « un réseau cyclable sécurisé, large et continu » et développer une véritable « culture vélo » à Nantes. Pour cela, elle prévoit d’investir 90 millions d’euros sur 6 ans.

Des candidats écolos

Candidate EELV et vélotaffeuse convaincue, Julie Laernoes est favorable au projet de Réseau Express Vélo. Elle propose de lancer dès 2020 « les travaux nécessaires pour que chaque Nantai.se puisse trouver un réseau cyclable sécurisé à moins de 500 mètres de son domicile ». Elle souhaite également des aménagements sécurisés « physiquement séparés du flux automobile pour les rendre accessibles à un enfant de 8 ans » et à la signalétique claire. Ainsi que la mise en place d’un dimanche sans voiture une fois par mois.

La candidate du mouvement citoyen, écologiste, décroissant et participatif Nantes en commun, Margot Medkour, veut aller encore plus loin. Dans une volonté plus générale de développer le réseau de transports en commun et « de tendre vers la gratuité des transports », elle propose également de développer le vélo « qui doit redevenir un moyen de transport populaire ». Tout en réduisant la place de la voiture, notamment dans des îlots urbains où piétons et cyclistes auraient la priorité. Le but ? « Plus de sécurité, une meilleure qualité de l’air et une ville plus apaisée dans laquelle les gens peuvent développer plus de liens de sociabilité ».

Les militants vélo s’invitent dans la campagne

À noter, l’apparition d’un nouveau mouvement en cours de formation. Le Parti pour un Nantes Cyclable, créé par des militants pro-vélos très actifs sur les réseaux sociaux comme Sam Nantes. Pour ce qui est de son programme, l’association Place au vélo et les collectifs Vélopolitain et Transport Nantes devraient participer à son élaboration. Le collectif n’a pour l’instant pas annoncé de liste officielle, mais pourrait se présenter prochainement s’il juge les programmes des candidats déclarés trop timides.

Les candidats les moins concernés par le vélo

Valérie Oppelt, candidate LREM, annonce des « axes structurants » sur les boulevards et hors du périphérique, mais rien de plus.

Quant à Hugo Sonnier, le candidat UPR, Éléonore Revel candidate sous la bannière RN et Riwan Chami, candidat NPA, aucune annonce n’a été faite sur la question du vélo à Nantes.

Vous organisez une activité vélo dans votre ville ? Faites-le savoir en l’ajoutant à l’Agenda du vélo Citycle. Si ce n’est déjà fait, vous devrez créer votre compte gratuit.

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comparateur Antivol velo

3 comments

  1. Méfiance toutefois sur les promesses type : amende systématique pour les voitures garées sur les pistes cyclables.
    Ce type de promesse amène à la question: pourquoi cette loi n’etait pas appliqué avant par la même mairesse ? Des voitures se garent tous les soirs sur des pistes cyclables (exemple rue de Strasbourg ) pendant le dernier mandat sans avoir jamais une seule amende.

    Plus généralement, Il semble que dans la plupart des villes, on assiste à des surenchères écologiques. À voir ce qui sera réalisable , et ce qui sera réalisé.

    Dans tous les cas, merci pour ce recapitulatif

  2. Bonjour,
    Sachez qu’il y a également eu un parcours vélo fait par toutes les candidates afin de vivre ce que vivent les cyclistes du quotidien.
    https://twitter.com/demorose/status/1205232948536102913?s=20
    https://twitter.com/demorose/status/1197610166776188928?s=20

    1. Excellente initiative ! Bravo aux Nantais !

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