Le port du casque est désormais obligatoire pour les conducteurs d’EDPM (engin de déplacement personnel motorisé comme les trottinettes électriques, les monoroues ou encore les hoverboards) depuis le 1er septembre 2026 dans le Pas-de-Calais. Cette décision intervient dans le cadre d’une augmentation des accidents d’EDPM, ceux-ci ayant été multipliés par 10 dans le département entre 2021 et 2025. Le Pas-de-Calais rejoint ainsi la liste de la vingtaine de départements et municipalités imposant déjà le port du casque aux conducteurs d’EDPM. Face à ce changement, plusieurs questions se posent : qu’en est-il aujourd’hui de l’obligation du casque pour les EDPM dans les autres départements ? Le casque à vélo est-il lui aussi obligatoire ? Citycle fait le point.
Le casque à vélo est-il obligatoire aujourd’hui ?
Alors que le port du casque pour les EDPM est aujourd’hui obligatoire dans une petite vingtaine de départements, le port du casque vélo n’est, lui, pas encore concerné.
À vélo, le casque est actuellement :
- obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, qu’ils conduisent ou soient passagers ;
- simplement recommandé à partir de 12 ans ;
- lorsqu’il est obligatoire, il doit être attaché et porter le marquage CE.
L’amende forfaitaire pour un adulte responsable d’un enfant de moins de 12 ans sans casque est de 135 €, avec un maximum pouvant atteindre 750 €.
Les règles concernant les trottinettes électriques et autres EDPM sont différentes, ce qui explique en partie la confusion provoquée par l’arrêté du Pas-de-Calais le 1er septembre 2026. Pour les mineurs, le port du casque est obligatoire, et il est interdit de conduire un EDPM avant 14 ans.

Le port du casque en trottinette électrique doit parfois s’accompagner du port d’un gilet de haute visibilité selon les départements.
Pourquoi le casque à vélo obligatoire revient-il dans le débat ?
Le débat sur le casque à vélo obligatoire a été relancé par le gouvernement au cours de l’été 2026. En juin, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a demandé à la Délégation à la Sécurité routière d’étudier la possibilité de rendre le casque obligatoire “en toutes circonstances et sur l’ensemble du territoire”, pour les utilisateurs de trottinettes électriques mais aussi pour les cyclistes. Il ne s’agit donc pas encore d’une nouvelle obligation, mais d’une réflexion engagée au niveau national.
Cette volonté répond notamment au souhait de rendre les règles plus homogènes sur le territoire. Le sujet s’est d’abord posé pour les trottinettes électriques, alors que plusieurs communes et départements ont adopté leurs propres mesures. La réflexion lancée par le gouvernement va plus loin en intégrant également les vélos, pour lesquels le casque reste aujourd’hui obligatoire uniquement pour les enfants de moins de 12 ans.

Le casque est obligatoire à vélo pour les enfants de moins de 12 ans, qu’ils soient conducteurs ou passagers.
L’accidentalité des cyclistes alimente également le débat. En 2025, 235 cyclistes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine. Cyclistes et utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés représentaient ensemble 10 % des personnes tuées et 24 % des blessés graves. Ces chiffres expliquent pourquoi la question de la protection individuelle revient régulièrement dans les discussions sur la sécurité routière. Reste toutefois à déterminer si rendre le casque obligatoire constitue la réponse la plus efficace, un point qui divise fortement les acteurs du vélo.
Le casque protège-t-il réellement les cyclistes ?
Si l’obligation du casque fait débat, son intérêt pour limiter les blessures à la tête en cas de chute ou de collision est bien documenté. Une vaste méta-analyse publiée en 2017 dans l’International Journal of Epidemiology a regroupé 40 études et les données de plus de 64 000 cyclistes accidentés. Chez les cyclistes impliqués dans une chute ou un accident, le port du casque était associé à une diminution de 51 % des blessures à la tête, de 69 % des blessures graves à la tête et de 65 % des blessures mortelles à la tête.
Le casque ne permet évidemment pas d’éviter un accident et ne remplace ni des infrastructures cyclables sécurisées, ni une conduite prudente, ni le respect des distances de dépassement. Son rôle intervient principalement lorsque le choc se produit, en réduisant le risque et la gravité de certaines blessures à la tête.
Pour être efficace, le casque doit être adapté et bien porté. Il doit être adapté au tour de tête, bien ajusté et attaché afin de rester en place lors d’un choc. Le confort, la ventilation ou encore la visibilité peuvent également compter lorsqu’il s’agit de le porter quotidiennement. Certaines marques comme Diezz développent notamment des casques vélo pour les déplacements urbains, avec des modèles à visière ou équipés d’un éclairage arrière.
Pourquoi l’obligation du casque divise-t-elle les cyclistes ?
Porter un casque et obliger à le porter, deux débats différents
Pour une partie des cyclistes, l’efficacité du casque ne suffit pas à justifier une obligation généralisée. Le débat porte moins sur l’utilité de ce dernier que sur les conséquences que pourrait avoir une telle mesure sur la pratique quotidienne du vélo.
L’un des principaux arguments concerne le risque de décourager certains trajets courts ou spontanés. Prendre son vélo pour quelques minutes, combiner vélo et transports en commun ou utiliser un vélo en libre-service suppose alors d’avoir systématiquement un casque avec soi.
Le problème est particulièrement visible avec les services de vélos partagés. À Toronto, une étude menée auprès de 545 utilisateurs a montré que, parmi ceux qui ne portaient pas de casque, 22,5 % déclaraient qu’ils utiliseraient moins le vélo si le casque devenait obligatoire. Des travaux plus récents menés à Melbourne identifient également l’obligation du casque comme un frein à l’utilisation des vélos en libre-service, notamment pour des raisons de disponibilité, de praticité et d’hygiène des casques partagés. Les systèmes de vélos partagés de Melbourne et Brisbane affichent notamment parmi les taux d’usage les plus bas au monde.
Les détracteurs au port du casque à vélo obligatoire soulignent surtout que cette obligation ne doit pas être considérée comme une mesure isolée et qu’elle doit s’accompagner d’infrastructures cyclables plus sûres. En mettant l’accent sur l’équipement individuel, certains craignent que le débat sur la sécurité se concentre davantage sur la protection du cycliste que sur la prévention de l’accident lui-même. Séparation des flux, sécurisation des intersections, réduction des vitesses ou meilleur partage de la voirie restent des leviers essentiels.
La FUB rappelle d’ailleurs que les équipements individuels sont nécessaires mais ne suffisent pas à garantir la sécurité des cyclistes, qui dépend aussi de la qualité des aménagements et de l’organisation de l’espace public.
Une opinion publique pourtant largement favorable
Si la mesure suscite des réserves dans le débat cycliste, elle bénéficie d’un fort soutien dans l’ensemble de la population française. Une enquête Ifop réalisée en avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 adultes révèle que 84 % des Français sont favorables au casque obligatoire pour les vélos classiques. La proportion atteint 88 % pour les vélos à assistance électrique, dont 62 % se déclarent “tout à fait favorables”.
L’étude porte sur l’ensemble de la population adulte et non exclusivement sur des cyclistes réguliers. 59 % des répondants déclarent posséder au moins un vélo, mais l’enquête ne renseigne pas leur fréquence de pratique. Elle ne permet donc pas de savoir si l’adhésion à l’obligation est aussi élevée chez ceux qui utilisent quotidiennement ou très régulièrement leur vélo.
En cas d’obligation, quel casque choisir ?
Les critères de choix
Si le casque devient obligatoire pour tous les cyclistes, il faudra alors se pencher sur un modèle adapté à sa pratique. Premier élément à vérifier, la conformité du casque. Les casques de cyclisme commercialisés dans l’Union européenne sont des équipements de protection individuelle et doivent notamment porter le marquage CE. La norme NF EN 1078 constitue la référence pour les casques destinés aux cyclistes, utilisateurs de skateboards et de rollers.
La taille est tout aussi importante. Un casque ne protège correctement que s’il reste bien positionné sur la tête. Il faut donc choisir une taille correspondant à son tour de tête, puis ajuster la molette et les sangles pour obtenir un maintien ferme sans créer d’inconfort. Pour un usage quotidien, la ventilation mérite également d’être regardée de près, particulièrement lorsque le vélo sert à effectuer des trajets réguliers ou du vélotaf.
En ville, d’autres équipements peuvent améliorer le confort au quotidien. Un casque avec visière permet notamment de protéger les yeux du vent, des insectes et de certaines projections, tout en évitant de devoir systématiquement porter des lunettes dédiées. Le casque vélo urbain avec visière City Color de Diezz est par exemple conforme à la norme EN 1078, il dispose de dix ouvertures de ventilation, d’un système de réglage FitSystem et d’une visière. Les casques à visière DIEZZ sont également conçus pour permettre le port de lunettes de vue.

Le casque City Color est fabriqué en Italie. Il est disponible en plusieurs coloris dont blanc, noir, rouge, menthe ou encore léopard.
La visibilité constitue un autre critère intéressant pour les déplacements urbains, notamment tôt le matin, le soir ou par faible luminosité. Certains casques peuvent recevoir ou intégrer un éclairage arrière complémentaire. Celui-ci ne remplace cependant pas les dispositifs d’éclairage obligatoires du vélo. Diezz propose notamment le casque vélo fabriqué en France Valor France, également conforme à la norme EN 1078, auquel une lumière LED arrière peut être ajoutée. Ce modèle illustre aussi la démarche de relocalisation engagée par le fabricant avec une production réalisée en France.

L’ajout de la lumière LED à l’arrière du casque Valor de Diezz permet d’être plus visible à vélo de nuit.
Le casque obligatoire à vélo, c’est pour bientôt ?
À ce jour, rien n’est encore entré en vigueur pour les cyclistes adultes. La déclaration de la ministre Marie-Pierre Vedrenne ouvre la voie à une éventuelle évolution de la réglementation, mais elle ne constitue ni une loi ni un décret.
Pour l’instant, la règle reste inchangée : en France, le casque est obligatoire à vélo pour les enfants de moins de 12 ans, conducteurs comme passagers, et recommandé au-delà.
Sources :
- https://www.pas-de-calais.gouv.fr/index.php/layout/set/print/Actualites/Actualites/Port-du-casque-obligatoire-pour-les-utilisateurs-d-EDPM
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34169
- https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/sites/default/files/2026-01/20260130_Bilan%20provisoire%202025_ONISR.pdf
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27450862/
- https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-emergency-medicine/article/helmetwearing-practices-and-barriers-in-toronto-bikeshare-users-a-casecontrol-study/791CBB911878FCC75B9975C3900FB125
- https://www.ifopgroup.com/article/le-port-du-casque-a-velo-une-large-majorite-de-francais-favorable-a-son-obligation/


