La pratique du vélo en France a progressé de 40% depuis 2019. Une hausse significative qui s’explique par le développement des infrastructures, l’essor du vélotaf et les politiques publiques de mobilité durable. Jusqu’alors dans une logique d’équipement, le secteur entre aujourd’hui dans une nouvelle ère : celle du service et de l’usage. La seconde main et la location prennent de l’ampleur, mais le vélo de fonction reste malgré tout assez peu développé en France. 2026 pourrait néanmoins marquer un tournant grâce à plusieurs évolutions notables.
Comment fonctionne le dispositif du vélo de fonction ?
Si la voiture de fonction est monnaie courante en France, le vélo de fonction est encore peu connu. Comment cela fonctionne-t-il ? Quels types de vélos sont concernés ? Zoom sur un phénomène qui prend de l’ampleur.
Vélo de fonction, vélo de service et flotte partagée, quelles différences ?
Le vélo de fonction est généralement attribué à un salarié pour ses trajets domicile-travail, mais aussi ses trajets personnels.
À l’inverse, un vélo de service ou une flotte partagée reste à disposition de plusieurs collaborateurs pour leurs déplacements professionnels uniquement. L’entreprise peut donc choisir entre des vélos attribués individuellement ou une flotte accessible à plusieurs salariés selon ses besoins.
Les différents modèles de vélos
Plusieurs types de vélos peuvent être mis à disposition des salariés. Vous pouvez avoir accès, selon votre entreprise à :
- Des vélos classiques, parfaits pour les trajets urbains de courte distance ;
- Des vélos électriques, pour des distances plus longues et des parcours avec du relief ;
- Des vélos pliants, très adaptés pour l’intermodalité notamment pour voyager avec son vélo dans le train ;
- Des vélos cargos ou longtails, parfaits pour des trajets avec des charges lourdes ou le transport d’enfants.

Les vélos pliants sont acceptés dans les trains comme des bagages à mains classiques. Ils doivent généralement être transportés dans une housse de transport.
Achat ou leasing vélo, comment le vélo est-il mis à disposition ?
L’entreprise peut acheter directement les vélos ou passer par une offre de location longue durée. La première option est idéale pour un usage sur le long terme, tandis que la seconde autorise plus de flexibilité.
Le leasing vélo permet généralement d’associer au vélo plusieurs services comme l’entretien, l’assurance ou des accessoires. Cette formule s’est particulièrement développée avec le leasing vélo électrique, le coût d’achat d’un VAE étant plus élevé qu’un vélo classique.
Pour le paiement, deux options sont possibles :
- L’employeur prend en charge 100% des coûts ;
- Une participation est demandée au salarié, prélevée sur son salaire net.
Pourquoi le vélo de fonction reste-t-il à la traîne en France ?
Malgré ses nombreux avantages, l’usage du vélo de fonction est encore assez minime en France contrairement à nos voisins européens. Un écart qui devrait progressivement se réduire.
Allemagne, Belgique, Pays-Bas, France : un écart encore considérable
20 000 : c’est le nombre de vélos de fonction en circulation en France en 2026. Une quantité bien faible par comparaison avec nos voisins européens. L’Allemagne compte en effet plus de 2 millions de vélos de fonction, contre 200 000 en Belgique et aux Pays-Bas. 47% des salariés allemands ont accès à un vélo de fonction, 27% en Belgique et seulement 1% en France.
En Allemagne, ce succès s’explique par un mécanisme fiscal attractif. Un avantage en nature optimisé pour le salarié, et une réduction des charges pour l’entreprise qui renforce sa politique mobilité. Cette dynamique a boosté considérablement le leasing de vélos électriques.
Aux Pays-Bas, les entreprises misent sur le bien-être et le développement durable, une dynamique qui s’accompagne d’un recul des offres d’emploi proposant une voiture de fonction. Le pays anticipe également un durcissement de la réglementation sur les voitures thermiques en location longue durée.
Le pays se distingue également par le développement du vélo par abonnement. Fondé aux Pays-Bas, Swapfiets propose un vélo avec entretien et réparations inclus contre un abonnement mensuel. L’entreprise revendique aujourd’hui 280 000 membres en Europe. En mai 2026, elle a racheté Dance, spécialiste du vélo électrique par abonnement. Ensemble, les deux marques représentent désormais plus de 75 000 vélos électriques en abonnement et sont présentes dans 45 villes.

Aux Pays-Bas, le vélo occupe une place centrale : le pays compte plus de vélos que d’habitants.
Pourquoi le marché français commence-t-il à accélérer ?
Longtemps resté marginal en France, le leasing vélo commence à gagner du terrain. De nouveaux acteurs spécialisés accompagnent les entreprises et rendent notamment les vélos électriques plus accessibles aux salariés, sans avoir à supporter leur prix d’achat en une seule fois. Le vélo de fonction s’inscrit ainsi progressivement dans les politiques de mobilité des entreprises.
Jusqu’ici, le modèle français reposait surtout sur une participation importante de l’employeur, souvent selon une répartition de type 70/30. La filière pousse désormais la conversion de salaire, déjà utilisée chez plusieurs voisins européens.
Le Forfait Mobilités Durables participe lui aussi à installer le vélo dans les politiques de mobilité des entreprises. Dans le secteur privé, sa mise en place reste facultative, mais les sommes versées sont exonérées d’impôt et de cotisations sociales jusqu’à 600 € par an et par salarié, ou 900 € lorsqu’il est cumulé avec la prise en charge d’un abonnement aux transports collectifs. La filière vélo plaide désormais pour une articulation plus claire entre ce forfait et les offres de leasing vélo.
Cette évolution dépasse d’ailleurs le seul vélo de fonction. L’ADEME observe en 2026 une transformation plus globale du marché français, qui passe progressivement d’une logique d’achat à une logique d’usage. Location longue durée, réparation, entretien, reconditionnement et seconde main prennent davantage de place. Le matériel vélo d’occasion a notamment doublé entre 2009 et 2018. Le développement du leasing vélo s’inscrit pleinement dans cette tendance, avec un vélo de plus en plus envisagé comme un service plutôt que comme un achat ponctuel.

Le marché de la réparation de vélo a augmenté de 4,3% entre 2023 et 2024, seul secteur en hausse.
Quels sont les principaux acteurs du vélo de fonction en France ?
Le développement du vélo de fonction s’accompagne de l’arrivée d’acteurs spécialisés capables de gérer pour les entreprises le financement, la location, l’entretien ou encore l’assurance des vélos. Parmi eux, Zenride et Azfalte occupent une place importante sur le marché français. Des fabricants comme Ellipse Bikes développent également leurs propres offres à destination des entreprises.
Zenride, spécialiste du vélo de fonction en entreprise
Zenride propose aux entreprises une solution de location longue durée permettant aux salariés de disposer d’un vélo de fonction. Son offre repose notamment sur des contrats de 36 mois et peut intégrer l’assurance, la maintenance et l’assistance.
L’entreprise peut choisir de participer au financement du vélo ou de mettre en place une formule reposant davantage sur la participation du salarié. Zenride accompagne également les employeurs dans le déploiement et la gestion du dispositif. Le salarié conserve ainsi une certaine liberté dans le choix de son vélo tout en bénéficiant des services associés au leasing.
Azfalte, du vélo attribué à la gestion de flotte
Azfalte accompagne également les entreprises dans la mise en place de vélos de fonction. Son offre couvre aussi bien les vélos attribués individuellement aux salariés que les vélos partagés et la gestion de flottes.
L’entreprise accompagne plus de 250 employeurs et plus de 35 000 collaborateurs. Selon la formule retenue, elle prend en charge la sélection et la livraison des vélos, mais aussi des services comme la maintenance, l’assurance, l’assistance ou le suivi de la flotte. Le financement peut notamment passer par une location longue durée ou par l’achat du vélo.
Ellipse Bikes, des vélos électriques proposés directement aux entreprises
À côté de ces spécialistes du leasing, certains fabricants développent eux-mêmes des solutions de vélo de fonction. C’est notamment le cas d’Ellipse Bikes, marque française spécialisée dans les vélos électriques urbains.
Cette dernière propose une formule entreprise dans laquelle le salarié peut configurer son vélo avant de le louer pendant 36 mois. L’offre peut inclure le casque, l’antivol, l’assurance, l’assistance et les révisions. À l’issue de la période de location, le salarié peut, selon les conditions prévues, conserver le vélo ou le restituer.
Les vélos électriques Ellipse sont particulièrement orientés vers les déplacements du quotidien et le vélotaf, avec des équipements pensés pour circuler en ville.

Les vélos électriques Ellipse sont parfaitement adaptés au vélotaf et à tous les trajets urbains.
Conversion de salaire, aides et fiscalité : ce qui change en 2026
Comment fonctionne la conversion de salaire pour un vélo ?
La conversion de salaire permet au salarié volontaire de renoncer temporairement à une partie de son salaire brut en échange de la mise à disposition d’un vélo. L’entreprise règle le leasing vélo au prestataire et la baisse de rémunération permet d’en absorber tout ou partie du coût.
Selon France Vélo et la FAVE, ce montage pourrait permettre au salarié d’économiser environ 30 % par rapport à l’achat d’un vélo, généralement sur un contrat de 36 mois. Pour 1 € de vélo financé, la réduction du salaire brut nécessaire serait d’environ 0,70 €, grâce notamment aux économies de cotisations.
Quels avantages fiscaux favorisent le vélo de fonction ?
Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt allant jusqu’à 25 % du prix d’achat ou de location d’une flotte de vélos mise gratuitement à disposition des salariés pour leurs trajets domicile-travail. Le dispositif est prévu jusqu’au 31 décembre 2027. En cas de location, le contrat doit durer au minimum 3 ans.
Attention toutefois, cette réduction fiscale concerne une mise à disposition gratuite. Elle ne doit donc pas être automatiquement appliquée aux montages dans lesquels le salarié participe financièrement ou convertit une partie de son salaire.
Vélo de fonction et Forfait Mobilités Durables sont-ils cumulables ?
Le Forfait Mobilités Durables (FMD) n’est pas destiné à financer directement un vélo de fonction, mais les 2 dispositifs peuvent coexister. Le FMD peut prendre en charge d’autres dépenses de mobilité éligibles selon les modalités choisies par l’employeur, par exemple l’utilisation d’un vélo personnel, sa réparation ou certains services liés à la mobilité.

Le Forfait Mobilités Durables prend en charge les frais de déplacement domicile-travail à vélo. Cela concerne aussi bien l’achat que la location de vélo en libre-service.
Dans le privé, le montant exonéré d’impôt et de cotisations sociales peut atteindre 600 € par an et par salarié. Ce plafond monte à 900 € lorsque le FMD est cumulé avec la prise en charge d’un abonnement aux transports collectifs.
Pourquoi ces changements pourraient accélérer le leasing vélo en France ?
Le potentiel de progression est considérable. Début 2026, la France compte environ 20 000 vélos en leasing via l’employeur, tandis que 200 000 employés sont éligibles.
Le modèle français repose encore largement sur une répartition proche de 70 % à la charge de l’entreprise et 30 % pour le salarié, ce qui limite le nombre d’employeurs prêts à le proposer. La conversion de salaire change l’équation en réduisant fortement le coût supporté par l’entreprise tout en maintenant une économie pour le salarié.
Avec un cadre social mieux défini, un leasing étalé sur plusieurs années et des services comme l’entretien, l’assurance ou la réparation intégrés au contrat, le vélo de fonction pourrait donc devenir accessible à beaucoup plus de salariés. L’enjeu est de taille puisque 60 % des trajets domicile-travail de moins de 5 km sont encore réalisés en voiture.
Les avantages du leasing vélo
Le leasing vélo électrique ou classique présente des avantages pour l’employeur comme pour le salarié.
Pour l’employeur
Le leasing évite à l’entreprise de financer immédiatement l’achat d’une flotte complète. Les mensualités permettent de mieux répartir le budget et les contrats peuvent inclure l’entretien, l’assurance, l’assistance ou encore la gestion des réparations.
Le vélo de fonction constitue aussi un avantage salarié valorisant pour la marque employeur et peut s’intégrer dans une politique de mobilité ou de réduction des trajets automobiles. Sous certaines conditions, sa mise à disposition peut également ouvrir droit à des avantages fiscaux.
Pour le salarié
Côté salarié, il existe plusieurs avantages. Le premier est financier. Grâce à la participation de l’employeur ou à la conversion de salaire, vous pouvez accéder à un vélo pour un coût inférieur à celui d’un achat individuel, sans avoir à avancer l’intégralité de la somme. Le leasing permet notamment d’envisager un vélo électrique de fonction plus coûteux à l’achat.
Deuxième avantage, l’entretien, l’assurance ou l’assistance peuvent être compris dans le contrat. Vous maîtrisez ainsi davantage votre budget et bénéficiez d’un vélo suivi pendant toute la durée du leasing.
Troisième avantage, et non des moindres, l’aspect santé. De nombreux salariés n’ont pas le temps de faire du sport ou de bouger suffisamment. L’usage d’un vélo au quotidien est excellent pour la santé. Une étude finlandaise menée auprès de plus de 28 000 salariés, associe une pratique importante du vélo pour les déplacements quotidiens à une diminution de 8 à 12 % du risque de journées d’absence pour maladie.
Comment obtenir un vélo de fonction quand on est salarié ?
Obligations légales, départ de l’entreprise, rachat : voici tout ce que vous devez savoir sur le vélo de fonction en tant que salarié.
Mon entreprise doit-elle obligatoirement proposer le dispositif ?
Non. Contrairement à la prise en charge d’une partie des abonnements de transports publics, aucune obligation générale n’impose à une entreprise de proposer un vélo de fonction. Sa mise en place dépend donc de la politique de mobilité de l’employeur.
Peut-on demander un vélo de fonction à son employeur ?
Si aucun dispositif n’existe, vous pouvez parler du leasing vélo à votre employeur, au service RH ou au CSE. L’intérêt est de présenter le vélo de fonction électrique ou classique comme un avantage partagé entre salarié et entreprise.
Parmi les arguments à avancer vous pouvez mettre l’accent sur :
- La réduction des déplacements en voiture ;
- Les problématiques de stationnement ;
- L’attractivité de l’entreprise ;
- L’intégration du vélo dans une politique de mobilité.
Le dispositif peut également bénéficier d’un cadre fiscal favorable lorsque les conditions prévues par la loi sont remplies.
Que se passe-t-il si je quitte mon entreprise ?
Tout dépend du contrat de leasing souscrit par votre employeur. En cas de démission, licenciement ou changement d’entreprise, vous ne devenez pas automatiquement propriétaire du vélo.
Selon les conditions prévues, il pourra être restitué, racheté ou parfois transféré. Mieux vaut donc vérifier ce point avant de s’engager dans une location longue durée.
Peut-on racheter son vélo à la fin du leasing ?
Certains contrats prévoient une possibilité de rachat à la fin de la location, tandis que d’autres imposent la restitution ou proposent le renouvellement par un nouveau vélo.
Si l’achat final est important pour vous, vérifiez dès le départ la durée du leasing, les conditions de sortie et l’existence éventuelle d’une offre de rachat.


