Pour un nouveau voyage à vélo entre amies, nous avions envie de changer de décor. La Suisse s’est vite imposée : proche, dépaysante et pleine de promesses. Mais entre montagnes et grands lacs, difficile de choisir… Alors pourquoi ne pas profiter des deux ?

Vélos chargés, direction la Suisse centrale pour sept jours à pédaler entre cols, villages et rives de lacs, avec quelques surprises en chemin.

À l’aller, les panoramas alpins. Au retour, les lacs. Et tout au long du voyage, une belle découverte : la place qu’occupe le vélo dans le paysage suisse.

Comment avons-nous construit notre itinéraire à vélo en Suisse ?

Depuis plusieurs années, notre été est rythmé par un voyage à vélo entre amies. Après plusieurs escapades dans le sud de la France, autour du Mont Ventoux ou à travers les Cévennes, nous avions cette fois envie de changer de décor. La Suisse s’est assez vite imposée, mais avec une hésitation : fallait-il partir vers les montagnes ou plutôt profiter des grands lacs ?

Finalement, nous avons décidé de ne pas choisir.

Nous avions une semaine devant nous et l’envie de construire une boucle qui nous permettrait de retrouver la voiture au terme du voyage. Pas de recherche de performance particulière, mais sept jours principalement à vélo, des nuits sous tente et suffisamment de liberté pour pouvoir modifier le programme si la météo ou la forme du jour nous y obligeait.

Pour dessiner notre parcours, nous nous sommes tournées vers SuisseMobile et son important réseau d’itinéraires cyclables balisés. Deux d’entre eux correspondaient particulièrement bien à ce que nous recherchions. La Route panorama alpin n°4 nous permettait de traverser une Suisse plus montagneuse, notamment par le Klausenpass, tandis que la Route des lacs n°9 promettait un retour davantage tourné vers les rives et les paysages aquatiques.

Capture d'écran du réseau d'itinéraires nationaux et régionaux de Suissemobile

Réseau d’itinéraires nationaux et régionaux de Suissemobile

En observant leurs tracés, nous avons découvert qu’ils se croisaient à plusieurs reprises. Notre boucle était toute trouvée. Nous emprunterions une partie de la Route 4 (en rouge) à l’aller avant de rejoindre la Route 9 (en bleu) pour revenir vers notre point de départ.

Superposition de l'itinéraire 4 et 9 de Suissemobile

Il ne restait plus qu’à découper le parcours en fonction des distances, du dénivelé et surtout des campings disponibles. Nous ne voulions toutefois pas figer complètement le voyage. À vélo, une étape prévue sur une carte peut rapidement évoluer avec la météo, la fatigue ou simplement l’envie de prendre davantage son temps.

La Suisse s’y prêtait plutôt bien. Le train dessert de nombreuses vallées et nous avions également repéré quelques possibilités de prendre un bateau, un bus ou une navette avec les vélos. Nous ne savions pas encore à quel point ces autres moyens de transport allaient finalement faire partie du voyage.

Trace et fond de carte Komoot® de notre itinéraire en intégralité

Trace et fond de carte Komoot® de notre itinéraire en intégralité

Profil Komoot® de notre itinéraire en intégralité

Profil Komoot® de notre itinéraire en intégralité

Notre itinéraire était prêt. Il ne restait plus qu’à rejoindre Thun, charger les vélos et commencer à pédaler.


Notre itinéraire en 7 étapes : une semaine entre montagnes et lacs

 

Étape 1 — Thun → Sörenberg

52 km – 1 271 m de D+

Infographie de l'étape 1 Thun - Sörenberg avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 1

Nous rejoignons Thun en voiture le matin avant d’enfourcher les vélos pour cette première étape. Depuis la gare, nous suivons immédiatement la Route 4 et sa signalétique pour quitter progressivement la ville.

Peu à peu, les quartiers résidentiels laissent place aux pâturages, aux chalets fleuris et aux premières vues sur les sommets. Après plusieurs villages, la route s’élève jusqu’au col de Schallenberg, à 1 167 mètres, où une pause fraîcheur dans une auberge est particulièrement appréciée.

Mais le plus exigeant reste à venir. À Bumbach, SuisseMobile propose une variante entièrement bitumée, plus longue d’une dizaine de kilomètres. Malgré l’heure déjà avancée, nous choisissons de rester sur l’itinéraire officiel. Après tout, nous sommes venues pour l’aventure !

La route s’enfonce alors dans une petite gorge avec des passages à 12 %, avant de laisser place au gravel. Environ six kilomètres hors route nous attendent, avec quelques portions où il faut mettre pied à terre et une dernière rampe à 16 %.

Une fois cette difficulté passée, nous retrouvons les alpages et leurs vaches grises aux grandes oreilles poilues. Plusieurs veaux, intrigués par notre passage, se mettent même à courir à nos côtés.

Il ne reste plus qu’à descendre vers Sörenberg. Nous atteignons le camping vers 20 heures, juste à temps pour monter les tentes avant la nuit. Le dîner se fera à la frontale… puis sous la pluie.
Pellicule photo de l'étape 1 à travers les paysages montagnards Suisse

Étape 2 — Sörenberg → Flüelen

82,5 km – 900 m de D+

Infographie de l'étape 2: Sörenberg - Flüelen avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 2

Après une première nuit sous la pluie, nous replions les affaires encore humides et quittons Sörenberg dans une ambiance bien différente de la veille. La brume recouvre les sommets lorsque nous prenons la direction du col de Glaubenbielenpass, au cœur de la réserve de biosphère de l’Entlebuch.

La montée se fait progressivement, avec quelques passages plus raides. Sur cette petite route de montagne, nous croisons à trois reprises le même bus, qui permet lui aussi de franchir le col avec son vélo. À chaque passage, le chauffeur nous salue avec enthousiasme. Sympa, même si sur une route aussi étroite, son arrivée nous oblige à bien serrer à droite !Montée à vélo en direction du col de Glaubenbielenpass, avec passage du bus accessible au vélo

En chemin, nous découvrons aussi l’une des nombreuses petites stations de réparations installées au bord des itinéraires cyclables, avec de quoi effectuer quelques réparations sur son vélo.

Une fois le col franchi, changement de rythme avec près de 14 kilomètres et 1 100 mètres de descente. Nous retrouvons progressivement les villages puis les premiers lacs, avant de rejoindre les rives du lac des Quatre-Cantons.

À Beckenried, notre itinéraire prend alors une tournure un peu différente : la Route 4 se poursuit de l’autre côté du lac. Nous embarquons donc les vélos sur le bateau pour une vingtaine de minutes de traversée jusqu’à Gersau.

À peine revenues sur la terre ferme, une nouvelle particularité de l’itinéraire nous attend. La route traverse une succession de tunnels et de passages peu adaptés aux cyclistes. Une navette gratuite spécialement prévue pour les vélos permet de franchir cette portion en toute sécurité. Les vélos chargés sont installés directement sur la remorque, sans même avoir besoin de retirer nos sacoches.

Nous terminons ensuite les derniers kilomètres jusqu’à Flüelen, où nous arrivons avec le soleil qui descend sur les montagnes.

Un col dans la brume, 1 100 mètres de descente, un bateau et une navette vélo : cette deuxième journée nous donne déjà un bel aperçu de toutes les façons de voyager à vélo en Suisse.


Pellicule photo de l'étape 2 - avec cyclotouriste dans cols, bateau et tunnel le long des lacs Suisse

Étape 3 — Flüelen → Weesen

82 km – 1 600 m de D+

Infographie de l'étape 2 : Flüelen - Wessen avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 3

Après une nuit calme à Flüelen, nous attaquons directement le gros morceau de la journée : le Klausenpass, qui relie le canton d’Uri à celui de Glaris et culmine à 1 948 mètres.

SuisseMobile indique une nouvelle fois la possibilité de prendre un bus adapté aux vélos, mais avec le soleil au rendez-vous, nous décidons de faire l’ascension dans son intégralité. Nous voilà parties pour près de 25 kilomètres de montée, qui concentrent quasiment tout le dénivelé de la journée.

Vélo adulte chargé de sacoches tractant un vélo enfant via le système Follow-Me

L’équipement du tandem Mère-enfant, grâce au système Follow-Me.

À mesure que nous prenons de l’altitude, les paysages deviennent plus alpins et les lacets se resserrent. La route s’accroche par endroits au versant et franchit plusieurs ponts avant de s’ouvrir à nouveau sur les pâturages. Avec les vélos chargés, les derniers kilomètres commencent sérieusement à se faire sentir.

À environ un kilomètre du sommet, nous rattrapons une mère et son enfant dont le chargement nous laisse sans voix : sacoches à l’avant et à l’arrière, siège enfant et vélo du petit tracté avec un Follow-Me, lui-même chargé de sacoches. Le tout sans assistance électrique. Nous qui pensions être bien chargées, nous relativisons rapidement !

 

Après cette longue ascension, nous n’avons pourtant parcouru qu’environ 25 des 81 kilomètres prévus. Une longue descente nous entraîne alors dans l’immense vallée verdoyante de l’Urnerboden, toujours accompagnées par les cloches des vaches.

Après Linthal, le terrain devient beaucoup plus roulant et les derniers kilomètres défilent plus facilement jusqu’à Weesen et au lac de Walensee, où nous installons le campement au bord du lac.

 

La Route panorama alpin n°4 s’achève ici pour nous. Dès le lendemain, nous rejoindrons la Route des lacs n°9 pour entamer le chemin du retour.

Pellicule photo montrant le col du Klausenpass en Suisse pratiqué en vélo

Étape 4 — Weesen → Bennau

60 km – 750 m de D+

Infographie de l'étape 4 Weesen - Bennau avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 4

Sur le papier, cette quatrième étape devait être tranquille après le Klausenpass de la veille. Les premiers kilomètres semblent d’ailleurs nous donner raison. Nous longeons l’Obersee sur un terrain plutôt roulant jusqu’à Rapperswil, où nous faisons une pause avant de traverser le Seedamm.

De l’autre côté, nous quittons rapidement la ville et retrouvons la campagne. C’est là que commence ce que nous pensions être un « petit col » d’environ huit kilomètres.

Quelle erreur.

Les premières pentes dépassent rapidement les 14 %, puis les murs s’enchaînent jusqu’à 16 %. Nous avançons parfois tellement lentement que nos GPS pensent que nous sommes à l’arrêt et se mettent en pause !

Une fois cette montée derrière nous, l’itinéraire continue à travers un paysage vallonné, entre fermes et maisons fleuries, avant de rejoindre le Sihlsee, plus sauvage et entouré de collines boisées.

Puis, au détour d’un virage, nouveau changement de décor. Nous arrivons presque soudainement à Einsiedeln et son immense abbaye, qui contraste avec le calme des paysages traversés quelques kilomètres plus tôt.

Une dernière bosse nous sépare encore du camping de Bennau, installé au bord des prés avec les cloches des vaches pour voisines.

La journée supposée tranquille ne l’aura finalement pas vraiment été. Et en regardant la météo du lendemain, une autre surprise nous attend : une tempête est annoncée.

Pellicule photo de l'étape 4 à travers une diversités de paysages

Étape 5 — Bennau → Zug

42 km – 280 m de D+

Infographie de l'étape 5: Bennau - Zug avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 5

Cette journée devait initialement nous emmener plus loin, mais la météo en décide autrement. Les prévisions annoncent orages, grêle et rafales pouvant dépasser les 100 km/h. Plutôt que de jouer les téméraires, nous choisissons de raccourcir l’étape et de rejoindre Zug, où nous réservons une nuit à l’auberge de jeunesse.

Nous quittons donc Bennau sans trop traîner et rejoignons progressivement le lac d’Ägerisee. Le vent se renforce, les nuages s’accrochent aux collines et quelques gouttes commencent à tomber, mais pour le moment, ça tient.

Après le lac, nous nous enfonçons dans une petite gorge boisée. Une jolie portion gravel descend pendant plusieurs kilomètres à travers la forêt, le long de la rivière, avant de nous ramener progressivement vers les premières zones urbaines.

Nous contournons Baar en suivant la Lorze, puis poursuivons jusqu’à Zug sous un ciel de plus en plus menaçant.

Nous atteignons finalement notre hébergement en début d’après-midi. À peine la porte franchie, une énorme averse se déclenche. Bon timing.

Entre deux épisodes orageux, nous profitons tout de même d’une accalmie pour découvrir rapidement Zug, son centre historique et les rives de son lac, avant de rentrer nous mettre définitivement à l’abri.

Une étape plus courte que prévu, mais qui nous permettra surtout de repenser la journée du lendemain pour poursuivre notre boucle.

Pellicule photo de l'étape 5 du lac d’Ägerisee jusqu'à Zug

Étape 6 — Zug → Brienz

50 km – 750 m de D+

Infographie de l'étape 6 : Zug - Brienz avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 6

Ça ne s’invente pas : nous quittons Zug, qui signifie également « train » en allemand… en train. Direction Lucerne.

L’étape raccourcie de la veille nous ayant fait prendre du retard, nous préférons utiliser le train pour avancer et conserver les portions qui nous semblent les plus intéressantes pour la fin du voyage. Après Lucerne, nous remontons donc une seconde fois à bord pour rejoindre Giswil, où nous retrouvons notre itinéraire.

À peine remontées sur les vélos, les forts pourcentages sont de retour. Un panneau annonce 2 km, 200 m de D+ et 12 %, mais notre GPS affichera finalement des passages à 16 % avant d’atteindre le très joli lac de Lungern.

Nous longeons ensuite le lac avant de poursuivre à proximité de la ligne du train à crémaillère. La pente se redresse à nouveau et, alors que nous grimpons péniblement, le train finit par nous rattraper et nous dépasser, à faible allure lui aussi.

Après cette nouvelle montée, place à une longue et forte descente avec les sommets enneigés en toile de fond. Cette fois, ce sont surtout les freins qui travaillent pour retenir nos vélos chargés.

Nous arrivons ensuite à Meiringen, dont la spécialité locale n’est autre que la meringue. Impossible de ne pas s’accorder une pause goûter !

Une dizaine de kilomètres plus roulants dans la vallée nous séparent encore de Brienz, où nous installons notre dernier campement au bord du lac.

Pour cette avant-dernière soirée, nous profitons simplement du coucher de soleil sur l’eau et les montagnes avant notre dernière journée à vélo.

Pellicule photo de l'étape 6 dans le train et à côté du train

Étape 7 — Brienz → Thun

51 km – 614 m de D+

Infographie de l'étape 7 : Brienz - Thun avec photo, profil et fond de carte Komoot.

Fond de carte et profil Komoot® de l’étape 7

Dernier réveil de la semaine et, comme souvent depuis notre départ, la journée commence directement par quelques bons pourcentages.

Nous prenons de la hauteur au-dessus du lac de Brienz pour rejoindre les cascades de Giessbach et leur Grandhotel, avant de poursuivre sur un sentier en forêt. Une courte portion se fait à pied pour partager le passage avec les randonneurs, puis nous retrouvons un chemin roulant en balcon, avec par endroits l’eau turquoise du lac qui apparaît entre les arbres.

Nous redescendons ensuite au bord de l’eau et poursuivons jusqu’à Interlaken, où le décor change complètement. Hôtels, boutiques et parapentistes remplacent les paysages plus ruraux des derniers jours, avec la Jungfrau encore enneigée en arrière-plan.

Nous quittons ensuite définitivement le lac de Brienz pour rejoindre le lac de Thoune, où nous profitons d’un dernier déjeuner au bord de l’eau.

À Spiez, notre itinéraire se sépare de la Route des lacs n°9. Pour les derniers kilomètres, nous empruntons la Route du cœur n°99, qui doit nous ramener directement à notre point de départ.

Puis, au détour d’un dernier chemin, le parking réapparaît.

Après sept jours à travers la Suisse, la boucle est bouclée.

Ce qui nous a marquées en Suisse : vélo, paysages et transports

Après sept jours à pédaler à travers la Suisse, ce ne sont finalement pas seulement les lacs et les montagnes que nous retenons. À vélo, nous avons aussi découvert un territoire très habité, où les paysages changent rapidement et où le vélo semble avoir trouvé une vraie place, aussi bien pour voyager que pour se déplacer au quotidien.

Un territoire qui change à chaque coup de pédale

Dès les premiers kilomètres, les fermes et les pâturages accompagnent notre itinéraire. Même en prenant de l’altitude, les exploitations restent nombreuses et les parcelles sont entretenues jusque sur des pentes parfois impressionnantes. Les maisons en bois très fleuries, les drapeaux suisses et surtout le tintement des cloches des vaches deviennent rapidement des éléments familiers du voyage.

Mais ce qui nous a particulièrement marquées, c’est la rapidité avec laquelle le décor peut changer. Nous pouvions rouler au milieu des pâturages et nous retrouver quelques kilomètres plus loin en pleine ville. À Einsiedeln, après le calme du Sihlsee et des collines environnantes, nous découvrons presque soudainement la ville et son immense abbaye. À Interlaken, changement d’ambiance encore, avec les hôtels, les boutiques, les parapentistes et la Jungfrau enneigée en arrière-plan.

Sans forcément nous en rendre compte en roulant, notre boucle nous aura ainsi fait traverser neuf cantons en une semaine. Une belle illustration de la diversité des territoires rencontrés sur relativement peu de kilomètres.

 

 

Un pays réellement pensé pour le vélo

Cette semaine nous aura aussi permis de constater à quel point le vélo fait partie du paysage suisse.

station de réparation de vélo en bord de route Suisse

L’une des nombreuses stations de réparation de vélo en libre service.

Sur notre itinéraire, SuisseMobile nous a particulièrement facilité la vie. Le balisage est très présent et nous a même permis à plusieurs reprises de corriger notre trace GPX sans avoir à sortir le téléphone. Pistes cyclables, petites routes de campagne et chemins gravillonnés s’enchaînent assez naturellement.

Environ 15 % de notre parcours s’est d’ailleurs fait sur des surfaces non goudronnées, généralement roulantes et bien entretenues malgré nos vélos chargés.

Nous avons également croisé plusieurs stations équipées d’outils pour effectuer quelques réparations ou réglages.

Mais le vélo ne se limite clairement pas aux itinéraires touristiques. Cyclotouristes, sportifs, familles, vélos cargos ou VTT électriques se croisent avec ceux qui utilisent simplement leur vélo pour aller travailler, à l’école ou faire leurs courses.

Devant certains supermarchés, nous avons même aperçu des vélos simplement déposés sans cadenas visible. Avec nos antivols soigneusement rangés dans les sacoches, nous avions presque l’impression d’en faire un peu trop ! À Zug, l’immense parking vélo couvert de la gare, réparti sur deux niveaux, illustre lui aussi la place accordée au vélo dans les déplacements quotidiens.

 

Sur la route, cette cohabitation s’est également ressentie. Nous avons rarement été confrontées à de l’impatience et les dépassements se sont dans l’ensemble faits avec suffisamment d’espace. Après une semaine à traverser villes, villages et routes de montagne, nous avons surtout eu l’impression que chacun trouvait assez naturellement sa place.

 

 

 

 

Et quand le vélo ne suffit pas

Nous avions imaginé dès le départ un voyage suffisamment souple pour pouvoir nous adapter. Nous ne pensions simplement pas utiliser autant de moyens de transport différents avec nos vélos.

Sur la Route panorama alpin n°4, nous traversons d’abord le lac des Quatre-Cantons en bateau entre Beckenried et Gersau, vélos chargés à bord. Un peu plus loin, une portion comportant plusieurs tunnels peu adaptés aux cyclistes se franchit grâce à une navette gratuite dédiée aux vélos. Nos trois vélos sont installés sur sa remorque, sans même avoir besoin de retirer les sacoches.

Entre vélo, bateau et navette gratuite, le voyage est varié lors de l’étape 2.

Nos vélos dans l’espace dédié du train lors du trajet vers Giswil.

 

Dans les secteurs montagneux, certaines lignes de bus équipées pour transporter les vélos permettent également d’éviter les ascensions les plus exigeantes. Nous en croiserons notamment une à plusieurs reprises pendant notre montée du Glaubenbielenpass.

Enfin, le train nous sera bien utile après avoir raccourci une étape à cause des orages. Nous l’utiliserons pour récupérer une partie du retard et préserver la fin de notre boucle. Avec une petite anecdote difficile à inventer : nous quittons Zug, qui signifie aussi « train » en allemand… en train.

 

Bateau, navette, bus ou train n’auront finalement pas été de simples plans B. Ils auront surtout participé à la souplesse du voyage et nous auront permis d’adapter notre itinéraire sans renoncer à l’aventure à vélo.

 

 

Quel vélo et quel matériel pour une semaine en Suisse ?

Pour cette semaine, nous sommes parties avec deux approches différentes du voyage à vélo. D’un côté, un vélo de voyage classique, équipé de porte-bagages et de sacoches à l’avant comme à l’arrière. De l’autre, un gravel, plus léger et équipé dans un esprit davantage tourné vers le bikepacking.

Deux philosophies différentes qui se sont finalement très bien adaptées à notre itinéraire. Le vélo de voyage offre davantage de capacité et reste stable une fois chargé, tandis que le gravel se montre plus léger et particulièrement agréable sur les nombreuses portions roulantes et chemins gravillonnés rencontrés en Suisse.

Dans nos sacoches

En voyageant sous tente pendant une semaine, il faut tout de même prévoir un minimum d’autonomie. Nous avions donc emporté de quoi dormir et cuisiner, quelques vêtements pour rouler et pour le soir, notre équipement contre la pluie, une petite trousse de toilette ainsi que le nécessaire pour profiter des lacs.

Côté vélo, chambres à air, pompe, multi-outils et petit matériel de réparation nous accompagnaient également. Quelques sangles, colliers de serrage, mousquetons et un peu de ruban adhésif peuvent aussi dépanner lorsqu’on voyage avec des vélos chargés.

Au final, nous aurons utilisé quasiment tout ce que nous avions emporté, à l’exception du matériel de réparation. Ouf pour cette fois ! Une crevaison pouvant vite arriver, ce n’est évidemment pas une raison pour le laisser à la maison la prochaine fois.


Description de la répartition des bagages dans sacoches de vélo bikepacking et cyclotourisme

Les petits accessoires qui nous ont facilité la vie

Certains objets ne sont pas indispensables, mais se sont révélés particulièrement pratiques au quotidien.

Une musette ou un sac pliable très léger permet de faire quelques courses ou de visiter une ville sans transporter ses sacoches. Notre petite couverture Matador nous a offert un coin sec pour les pique-niques, même lorsque le sol était humide.

Nous avions également installé un rétroviseur de guidon sur le vélo de la plus rapide. Pratique pour surveiller les véhicules arrivant derrière, mais aussi pour vérifier qu’elle ne nous distanciait pas un peu trop facilement !

Enfin, garder une batterie et les câbles de recharge accessibles s’est révélé bien pratique pour alimenter téléphone et GPS pendant les longues journées.

Avec le recul, nous aurions surtout pu partir avec un peu moins de vêtements chauds. Quant au petit panneau solaire emporté pour les campings sans électricité, il n’aura finalement servi qu’une seule fois.

Une semaine suffisante pour confirmer que lorsqu’on voyage à vélo, chaque objet finit par compter… surtout lorsqu’il faut ensuite le transporter dans les montées à 16 %.

 

Notre bilan après une semaine à vélo en Suisse

Après sept jours, des cols, des lacs, quelques trains, un bateau, de la pluie et beaucoup de kilomètres, le bilan est largement positif. La Suisse s’est révélée particulièrement adaptée au voyage à vélo, même si quelques aspects nous ont aussi un peu moins séduites.

Ce que nous avons aimé 

  • La diversité des paysages : en quelques kilomètres, nous sommes passées des cols aux lacs, des pâturages aux villes et des petites routes de montagne aux chemins de gravier.
  • Le réseau cyclable et son balisage : des itinéraires bien indiqués qui nous ont beaucoup facilité le voyage.
  • La possibilité de combiner les transports : train, bateau, bus ou navette nous ont permis de conserver toute la souplesse recherchée pour notre boucle.
  • La place du vélo au quotidien : des cyclistes partout, des aménagements adaptés et une cohabitation plutôt naturelle avec les autres usagers.

Ce que nous avons moins aimé

  • Le coût du voyage : des campings parfois assez chers, une facturation par personne et par tente, certains services payants et des transports qui peuvent vite alourdir le budget.
  • Les pourcentages parfois redoutables : des passages à 14 ou 16 % avec des vélos chargés qui nous ont fait regretter notre itinéraire… pendant quelques minutes seulement !
  • La barrière de la langue : dans les régions germanophones, l’allemand nous a parfois donné du fil à retordre, ne serait-ce que pour lire ou prononcer certains noms de lieux.

Alors, est-ce qu’on repartirait ?

Nous étions venues découvrir la Suisse à vélo et nous repartons avec l’impression d’avoir découvert bien plus qu’une succession de beaux paysages.

À l’aller, nous avons découvert la Suisse des cols et des vallées. Au retour, celle des lacs. Mais surtout, nous avons découvert un pays où le vélo semble avoir trouvé naturellement sa place, sur les routes et les chemins, dans les trains et sur les bateaux, au cœur des villes comme au milieu des montagnes.

Sept jours après avoir quitté Thun avec nos vélos chargés, nous retrouvons finalement la voiture au même endroit. Les sacoches peuvent cette fois rejoindre le coffre.

La boucle est bouclée.

Photo de vélo avec chargement bikepacking face au paysage montagnard Suisse

À propos de l’auteur : Emeline M

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