Elections municipales 2020 au Mans, le vélo ne fait pas l’unanimité

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Jean-Baptiste Lasserre,
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Elections municipales 2020 au Mans, le vélo ne fait pas l’unanimité

Lorsque l’on évoque la préfecture de la Sarthe, on pense d’abord à la célèbre course automobile. Ou à sa cathédrale pour les férus de patrimoine historique. Alors quelle place pour la bicyclette dans la capitale internationale de l’automobile ? On fait le point sur la question du vélo dans les élections municipales 2020 au Mans.

Le Mans et le vélo, le début d’une belle histoire ?

Le réaménagement de la ville dans les années 2010 et les prémices du vélo

Panneau travaux tramway Le Mans
Les travaux du tramway ont facilité l’émergence du vélo au Mans © Ingolf – Flickr

En ce qui concerne la mobilité douce, l’histoire municipale du Mans a d’abord été marqué par la politique de Jean-Claude Boulard, maire socialiste de 2001 à 2018. Poussé par la volonté de construire un tramway dans sa ville, il lance d’importants travaux qui aboutissent à l’ouverture de la première ligne en 2007. Une décision qui a également des conséquences inattendues… En effet, les deux ans de chantier du tramway ont permis un profond réaménagement du centre-ville. Mais cela s’est fait au prix de fortes perturbations, et notamment d’importants embouteillages et de problèmes de saturation automobile. Suffisamment pour convaincre nombre d’automobilistes de passer au vélo. Au terme des travaux, 22 km d’itinéraires cyclables supplémentaires ont été ouverts le long de la ligne de tramway. La même année, le service de location de VTC et VTT Vel’Nature est lancé.

 

Des transformations plutôt appréciées de la part des habitants qui accordent à Jean-Claude Boulard un second mandat, et une seconde ligne de tram. En 2010, La Setram, qui gère le réseau de transport urbain manceau, déploie également un service de location vélo courte et longue durée. Et qui compte aujourd’hui une flotte de 100 vélos classiques et 1500 VAE ! C’est dire la popularité du vélo électrique. Une nouvelle fois candidat à sa propre succession, le Maire organise une balade à vélo et à pied lors de la campagne municipale 2014 pour prouver son attachement à la mobilité douce.

Le gros coup de pédale de la bicyclette mancelle

Stéphane Le Foll prend les commandes de la Mairie en 2018 suite au décès de son prédécesseur. Le socialiste se revendique cycliste (occasionnel). Il a tout de même participé aux 24 Heures vélo – l’équivalent sans carbone de la célèbre course automobile – en 2014.

Pour certains candidats comme Stéphane Le Foll, le vélo est un argument pour les élections municipales Le Mans 2020
Stéphane Le Foll, un maire sortant et candidat à sa réélection cycliste © Radio France – Kathleen Comte

Mais c’est véritablement en 2019 que la politique cyclable du Mans prend un tournant. La ville est choisie pour accueillir le 19e congrès national de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) en mai. Quelques mois plus tard, Le Mans métropole, dont Stéphane Le Foll est président, vote un ambitieux plan Vélo. 21 millions d’euros sont accordés sur 10 ans pour réaliser 270 km de réseau cyclable, soit 125 km de plus qu’aujourd’hui, et ainsi remédier aux discontinuités des pistes actuelles tout en créant de nouvelles voies. Il prévoit la création de 59 itinéraires, contre 8 actuellement, mais aussi des zones de stationnement et des stations vélos.

Cyclamaine, l’association qui défend le vélo au Mans

Créée en 1993, l’association Cyclamaine œuvre pour promouvoir les déplacements à vélo et le développement de la pratique cyclable dans l’agglomération mancelle et dans toute la Sarthe. Avec près de 700 adhérents, dont un quart est inscrit à l’atelier d’auto-réparation, l’association d’usagers du vélo commence à avoir de l’influence sur la politique municipale.

À l’occasion des élections municipales 2020 au Mans, Cyclamaine a envoyé une lettre aux candidats à la Mairie. L’association, qui réclamait déjà un Plan vélo de 10 millions d’euros par an, demande également aux différentes listes d’inscrire à leur programme une politique vélo « déterminée, financée et complète », propositions précises à l’appui. Si le premier point incite à « investir dans les pistes cyclables », Cyclamaine propose également « du stationnement sécurisé », la mobilisation de la police municipale « pour le respect des aménagements cyclables et contre le vol », la formation et l’accompagnement des nouveaux cyclistes. Enfin, elle souhaite que les candidats fixent un « objectif de part modale vélo » pour coller aux objectifs du Plan vélo national et viser les 12% en 2026. Dans ce cadre, l’association à fait parvenir un questionnaire à l’ensemble des candidats dans lequel elle leur propose de s’engager sur une vingtaine d’actions précises.

Les candidats aux élections municipales 2020 au Mans et le vélo

La bicyclette comme une évidence

Stéphane Le Foll, le maire sortant, a d’ores et déjà déclaré vouloir continuer la politique cyclable sur la lancée de son premier mandat. Création de nouvelles pistes, sécurisation des rues à 30 km/h et des itinéraires cyclables, augmentation de l’offre de vélos en location… Le candidat à sa réélection semble intégrer le vélo au projet futur de la ville.

De son côté, Isabelle Sévère, la candidate EELV et également première adjointe au maire, est ouvertement pro-vélo. Si elle n’a pour l’instant pas encore clairement détaillé son programme, la candidate écolo qui fait campagne en triporteur, « un mode de déplacement doux qui permet de se rendre au travail, d’aller faire ses courses ou encore d’emmener les enfants à l’école » considère que le « vélo n’est pas réservé aux sportifs, tout le monde peut l’utiliser et en faire un objet du quotidien ».

La liste de gauche soutenue par la FI et les communistes conduite par Marie James s’est elle aussi positionnée pour le développement du vélo au Mans, en évoquant vaguement un « plan vélo ». Elle propose aussi de créer un service municipal exclusivement dédié à la densification du réseau de mobilité douce. Ainsi que de créer des voies et pistes cyclables « partout où cela est possible » tout en généralisant les rues à 30km/h.

Enfin, le candidat UPR François Meril propose quant à lui de « développer un réseau cyclable à haut niveau de service ».

Les candidats qui ne se prononcent pas

Au Mans, le vélo ne semble toutefois pas être une préoccupation majeure des autres candidats aux élections municipales 2020. En particulier à droite, mais pas seulement, plusieurs prétendants à la mairie ne se sont pour l’instant pas prononcés au sujet de la bicyclette. C’est le cas de Marietta Karamanli, candidate dissidente PS, de Gilles Guerchet, candidat LREM, de Louis de Cacqueray-Valmenier, candidat RN, de Julien Geffard, candidat sans étiquette ou encore de Emmanuel Bilquez, tête de liste LR et candidat pour la première fois à une élection. Et si Audrey Dolo Canal, tête de liste citoyenne et sans étiquette, souhaite la gratuité des transports en commun, rien sur le vélo de son côté non plus…

D’après les différents sondages, Le Mans reste parmi les villes de France où il fait bon vivre. Il ne reste qu’à souhaiter que le prochain ou la prochaine Maire y continue le développement du vélo…

Vous organisez une activité vélo dans votre ville ? Faites-le savoir en l’ajoutant à l’Agenda du vélo Citycle. Si ce n’est déjà fait, vous devrez créer votre compte gratuit.

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