Depuis 2016, le Concours de machines met chaque année en compétition les meilleurs artisans du cycle et cadreurs français. Pendant plusieurs jours, ils viennent confronter leurs vélos uniques au cours d’épreuves cyclotouristes et devant un jury d’expert. Entre passion, innovation et performance, le Concours de machines est un événement unique en son genre.

Un concours technique historique des artisans de la bicyclette

Un concours d’inventions cyclables

Au début du XXème siècle, un vent d’imagination souffle sur la France. Deux ans après la naissance du célèbre concours Lépine, qui récompense chaque année les inventions originales, un autre concours voit le jour dans son sillage en 1903, le Concours dec machines. Un événement dans la même veine, mais dédié exclusivement à la bicyclette. La toute première édition est organisée dans les Pyrénées par le Touring Club de France. Puis le concours s’installe dans le Massif Central et le Forez qu’il ne quittera plus. Très vite, il s’impose comme le rendez-vous des artisans du cycle qui viennent chaque année présenter des nouveaux vélos et démontrer leur savoir-faire. Évaluées sur des critères techniques et sur un parcours imposé, les machines sont soigneusement examinées et classées par un jury qui récompense la performance mais surtout la fiabilité et l’innovation.

Dans la première moitié du siècle, l’émulation des constructeurs du Concours permet une belle avancée des progrès techniques des bicyclettes surtout de 1934 à 1949. Après-guerre, c’est pourtant une toute autre histoire pour l’industrie française du cycle. La mondialisation pousse de nombreuse marques tricolores à délocaliser. L’artisanat s’efface peu à peu au profit des géants du marché, qui profitent également de l’arrivée de nouveaux matériaux comme le carbone. Les constructeurs artisanaux de vélo et de cadreurs sur mesure français se font plus rares, et le Concours disparait.

Le renouveau

Au début des années 2000, le vélo connaît un nouveau souffle. Les pratiques cyclistes spécifiques comme le voyage à vélo, les courses longues distance ou le VTT connaissent un regain d’intérêt. Tout comme la presse spécialisée. Des nouvelles marques voient le jour dans l’Hexagone. Et l’artisanat du cycle français reprend du poil de la bête.

Un concurrent du Concours de machines en pleine épreuve

© Arthur Richard – Concours de machines

Dans cette dynamique, les équipes du magazine 200 et de la marque Cycles Victoire se lancent un pari un peu fou. Relancer le Concours de machines en s’inspirant de l’événement historique. Et réactiver l’émulation d’antan entre les nouveaux artisans français de la bicyclette au cours d’une compétition technique. Les règles du concours restent les mêmes. Les machines devront être fabriquée selon un cahier des charges défini et seront mises en épreuve et analysées par un jury d’experts. Parmi les critères : poids, design, finition, fonctionnalité et originalité du projet.

L’Association des Artisans du Cycle

Le Concours de machines est un événement porté et organisé par l’Association des Artisans du Cycle (ACC). Composée de professionnels – artisans et petites entreprises – et sympathisants du monde du cycle, la toute jeune association a à cœur d’accompagner, de défendre et de porter haut les couleurs du métier d’artisan du cycle, et particulièrement celui d’artisan cadreur.

Un savoir faire des artisans cadreurs français

© Arthur Richard – Concours de machines

Le Concours de machines, qu’elle souhaite désormais pérenniser en l’organisant tous les ans, est donc une belle manière pour elle de faire rayonner la fabrication artisanale française de cadres et composants ou accessoires de vélo.

Les éditions précédentes du Concours de Machines

De la randonnée légère

En 2016, la première ré-édition moderne du Concours de machines se déroule sur les terres historiques de l’événement à Ambert dans le Puy de Dôme. Pendant 3 jours, 18 artisans-cadreurs ont présenté leurs montures sur le thème de la randonneuse légère. À l’issu des épreuves de test – un parcours total de 360 km et 6 540 m de dénivelé cumulé – et des différentes inspections, c’est finalement la machine des cycles Victoire qui remporte le premier prix.

L’année suivante, le concours revient à Ambert et suscite un bel engouement. Pour cette édition 2017, le public est au rendez-vous. Et les retombées dans la presse spécialisée nationale et internationale sont nombreuses. Pour la première fois, des artisans-cadreurs étrangers, japonais, suédois, américains et slovaques sont conviés à l’événement. En tout, 24 machines sont présentées et revues en détail pendant 3 jours d’évaluation et d’épreuve cycliste. Après sa troisième place l’année précédente, c’est la marque PechTregon du cadreur toulousain Matthieu Chollet qui remporte le grand prix.

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 A la randonnée longue distance

Après deux éditions dédiées au voyage à vélo, 2018 met à l’honneur la randonnée tout-terrain en itinérance et le bikepacking. Sous-titré « B Roads », le concours se déroule cette année à Bruniquel pendant 4 jours. Et invite à emprunter les routes secondaires et alternatives. Une édition vraiment pas comme les autres, avec une épreuve cyclo en autonomie et en bivouac étalée sur 2 jours. Des tracés à 90% sur pistes ou sentiers avec des traversées de rivières dans les paysages grandioses du Tarn-et-Garonne. Et des critères d’évaluation un peu différents : portage du vélo et de son chargement, étanchéité de sacoches ou encore fiabilité des pneus.

CONCOURS DE MACHINES – BIKEPACKING from CreaLens on Vimeo.

La palme revient à LaFraise Cycles, l’atelier d’Andreas Berhens à Roubaix.

Un édition 2019 encore plus folle

Le Paris-Brest-Paris

Pour la 4ème édition moderne, les organisateurs ont voulu aller encore plus loin dans la performance en organisant le Concours de machines pendant l’édition 2019 du Paris-Brest-Paris. Un aller-retour de 1200 km entre la capitale et la pointe bretonne à parcourir dans un délai maximal 90 heures. Organisée tous les 4 ans par l’Audax Club Parisien, elle compte parmi les classiques des monuments cyclotouristiques.

Un concurrent du Concours de mahcines 2019

© Arthur Richard – Concours de machines

>> A LIRE : Récit du Brest-Paris-Brest, l’épreuve cyclotouriste légendaire

Arrivée du Paris-Brest-Paris 2019

© Arthur Richard – Concours de machines

Des vélos à la hauteur de l’épreuve

Du 16 au 22 août 2019, les participants ont du mettre tout leurs talents à contribution pour réaliser des machines capables de se mesurer à la mythique épreuve du Paris-Brest-Paris. Parmi les critères, il faut notamment que le « vélo soit pliable ou repliable, et tienne dans un coffre de Blablacar ». Mais aussi « que sa carte de pointage soit à sa disposition immédiate à chaque contrôle ». Ou encore que la nourriture embarquée « soit accessible, et qu’il lui soit permis de manger sur le vélo, sans risque ». Et un bonus pour les montures équipés d’accessoires de bikepacking : sacoches étanches, éclairages, dynamos, chargeurs de batterie, matériel de bivouac

Le bikepacking à l'honneur de l'édition 2019 du Concours de machine

© Arthur Richard – Concours de machines

>> A LIRE : La tendance du voyage à vélo en bivouac

Le peloton du Paris-Brest-Paris

© Arthur Richard – Concours de machines

Les 28 constructeurs du concours – majoritairement français mais aussi japonais, britanniques, bulgares, américains et allemands – se sont donc mêlés aux 6700 participants de ce Paris-Brest-Paris. Tom Le Dren, le pilote Victoire Cycles, a été le concurrent le plus rapide du concours. Il a bouclé la course en 62 heures et 24 minutes. Le jury présidé par Alain Puiseux – rédacteur en chef du magazine 200 – a d’ailleurs décidé de récompenser le vélo longue distance hyper looké de Victoire Cycles qui remporte une deuxième fois le concours.

Réparation nocturne pour les artisants du cycle

© Arthur Richard – Concours de machines

Echappée matinale

© Arthur Richard – Concours de machines

À propos de l’auteur : Jean-Baptiste

One Comment

  1. Matthieu Chollet 20 septembre 2019 at 12 h 01 min - Reply

    Bel article, merci Jean Baptiste !

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