Un « Collectif des vététistes en colère » pour rouler sereinement à VTT

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Virginie de Citycle,
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Un « Collectif des vététistes en colère » pour rouler sereinement à VTT

Depuis 11 ans, le Collectif des Vététistes en Colère avertit et défend les intérêts des amateurs de VTT. Entretien avec son président, Olivier Mazin…

« Sensibiliser les pratiquants du VTT »

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous et votre pratique du vélo ?
Olivier Mazin : Je suis un vététiste de 54 ans. J’ai toujours roulé soit sur route soit en tout terrain, mais depuis une quinzaine d’années je suis en VTT. Je pratique la rando raid  la grande traversée du Jura , la grande traversée des Alpes) mais aussi le XC comme le Roc d’Azur, la Forestière, la balade de l’espoir (course aux bénéfices de la lutte contre le cancer). J’ai plein de projets pour l’avenir comme la Via Rhôna et la traversée du Vercors.

Vous êtes à la tête du Collectif des Vététistes en Colère. En quoi consiste ce mouvement ?
Les utilisateurs de VTT confrontés à l'incivismeO.M. :
Les actions du Collectif des Vététistes en Colère consistent à sensibiliser les pratiquants du VTT mais aussi des marcheurs et promeneurs sur les risques de danger générés par des personnes malveillantes. On communique aussi par des autocollants distribués sur nos sorties, on arbore des plaques de cintres à l’effigie du collectif. On mène également des combats sur le terrain auprès des mairies et des organisations de chasse et d’agriculteurs qui sont souvent à l’origine de nos problèmes ou encore les propriétaires qui barrent volontairement des chemins vicinaux libres de tout accès pour préserver leur petite tranquillité.

Réduire les risques d’accident

Depuis quand et pourquoi avoir mis en place un tel collectif ?
O.M. : 
Le collectif existe depuis juin 2015. Suite à des accidents très dangereux qui sont provoqués volontairement, on ne peut plus rester sans rien faire. Des plaques de clous disposés sur les chemins, des fils barbelés tendus à hauteur d’homme, des tessons de verre ou des rochers en sortie de virage, sans compter les plombs soi-disant perdus par les chasseurs,… Cela devient très dur de rouler sereinement. Je connais plusieurs personnes qui ont failli y rester pour de bon avec des coupures au niveau de la gorge provoquées par des barbelés attachés entre deux arbres qui bordaient le parcours balisé.

Un collectif sensibilise aux dangers encourus en VTTImaginez un enfant qui se promène avec ses parents et qui s’enfonce sous le pieds une branche d’arbre qui parait anodine mais qui, en réalité, comporte une dizaine de clous de 10 centimètres. Vers chez nous, un jeune vététiste de 20 ans a été tué par un chasseur qui l’a confondu avec un chevreuil… C’est du grand n’importe quoi et c’est pour éviter et faire condamner ces personnes irresponsables, voire dangereuses pour la société, que nous existons et menons nos campagnes de sensibilisation. Une de nos sentinelles, blessée en Belgique, a réussi à traîner en procès une de ces personnes. Au final 6 mois de sursis interdiction à vie de chasse et de détention d’arme et 5000€ de dommages et intérêts pour le vététiste.

>> A LIRE : Il dénonce les comportements dangereux dans « Je suis cycliste et je vous emmerde »

Un réseau de 2500 membres

Quel genre d’actions menez-vous ?
O.M. : Nous avons construit un réseau de « sentinelles », ce qui veut dire que nous couvrons pratiquement tous les départements Français par des collègues vététistes ou cyclistes route qui nous remontent l’information, que nous publions. Ensuite, on suit s’il y a une évolution sur ce problème. Si tout reste dans l’état, alors nous contactons les collectivités locales pour signaler et revendiquer ce problème sur leur commune. Dans certains départements, nous avons plusieurs sentinelles qui se regroupent et engagent une action directement sur le terrain ou auprès des personnes concernées.

Pièges anti-VTT : fils barbelésJe dois des fois régulariser et calmer les esprits car sous la colère et la souffrance, je ne voudrais pas que cela dérape en vendetta privée au risque de discréditer notre mouvement aux yeux des autorités. Ayant énormément de travail avec ce collectif, j’ai nommé Franck Lemière, deuxième administrateur. Il habite dans le nord de la France et apporte une aide réelle et bienvenue sur notre collectif. Aujourd’hui, nous sommes pratiquement 2500 personnes à faire partie du collectif qui déborde sur l’Italie, l’Espagne, la Belgique qui rencontrent aussi ce type de problématique.

Êtes-vous en lien avec des associations du même style ?
O.M. : Je suis en contact avec quelques personnes de chez Mountain Bike Foudation (MBF). Même si nos avis divergent, c’est bien d’avoir une autre action que la nôtre. Nous, on est plus virulents, moins de « ronds de jambes » avec les élus locaux. Eux aussi font des actions de terrain et je reconnais leur objectif et leur philosophie. L’association MBF fait aussi de la prévention. Elle a créé « les brigades vertes » qui entretiennent les pistes et parcours, encadrent les jeunes et organisent des manifestations où tous les cyclistes sont conviés.

Privilégier le vélo dans nos villes

Sur un autre sujet, on constate un véritable essor du vélo en ville depuis quelques temps. Les politiques vélo vont d’ailleurs dans ce sens. On le voit par exemple avec l’indemnité kilométrique vélo. Qu’en pensez-vous ? Etes-vous concernés et vous sentez-vous touchés par les revendications des cyclistes urbains ?
O.M. : Je suis entièrement d’accord pour donner plus de place au vélo dans nos villes. Il y a quelque années, Jean-Claude Decaux avait créé le Vélib’ sur Paris. Une idée géniale pour se déplacer dans la capitale sachant qu’un automobiliste roule à 24km/heure, on a vite fait son choix ! Pas de bouchons en vélo, moins de pollution, pas besoin d’entretien du véhicule ni de se garer sans tourner pendant des heures à la recherche d’une place. Maintenant, il faudrait aller plus loin dans cette action, je m’explique…

Un dédommagement kilométrique vélo est un bon début. Pourquoi aussi une prime à l’achat d’un vélo type urbain pour aller travailler ? Un vélo de ville équipé normalement coûte plus cher qu’un VTT qui, lui, est réservé aux promenades hors des routes et pas du tout prévu pour la ville. Aussi coté assurance, faire un packaging assurance/réparation/achat en restant dans le cadre vélotaf. Par exemple : une prime de 250€ de l’Etat ou des collectivités locales, avec un rapprochement d’une assurance bien reconnue de tous.

On rajoute une ou deux enseignes de magasins très cibles et sensibles à ce mode de transport. Cela permettrait, je suis sûr, de démocratiser ce système de transport pour ses vacations professionnelles. Tout le monde y retrouvait un intérêt : les magasins de cycles des ventes en hausses, les assureurs des clients en plus. Pour les villes et les collectivités locales, moins de pollution, de bruit et de problèmes de stationnement.

>> A LIRE : IKV : en vigueur mais limitée

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27 comments

  1. En ville c’est guère mieux. Certaines pistes cyclables, voire aussi certains trottoirs, sont recouverts de bris de verres. Leur couleur on s’en fou, c’est leur côté tranchant qui est en question ici.

  2. dangereux. C’est des cons qui font ça!

  3. Bonsoir,
    Merci d’avoir publié mon article sur votre blog. Nous arrivons en fin de saison nous tirerons un bilan sur nos actions et sur les acte malveillant de cette année 2016.
    J’aimerai vraiment que ce collectif puisse s’épanouir ces prochaines années afin de donner de la force et de la valeur à nos actions et notre volonté de rendre la pratique du vtt sécurisée et responsable aux yeux de tous.
    Olivier Mazin .
    https://www.facebook.com/vetetistes/

  4. Merci de relayer cette action ! Étant essentiellement cycliste urbain et routier, j’ignorais tout des ces sabotages criminels…

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