La pollution aux particules fines : qu’est-ce que c’est ?

Publié par 
Cédric Attali,
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La pollution aux particules fines : qu’est-ce que c’est ?

La pollution aux particules fines fait grand bruit dans la presse depuis quelques jours, voir même quelques mois. Des mesures ont été prises pour faire diminuer les émissions des ces particules et on espère quelles auront un impact. Mais savez-vous d’où vient cette pollution ? Quels en sont les risques et les conséquences sur notre santé ? Citycle vous propose de découvrir les détails de cette pollution.

Qu’est ce qu’une particule ?

Les particules fines sont des poussières pouvant se composer de divers élément d’une taille égale ou inférieur à 10 microns (0.01 milimètre) que l’on appelle PM10. Elles peuvent être formées de nitrates, sulfates, de composés carbonés organiques, de métaux lourds, …

L’Ademe (Agence pour l’environnement en France) a listé les 4 plus grandes causes à l’origine de cette pollution :

  • Les activités agricoles comme l’épandage ou le stockages d’effluents ;
  • L’industrie manufacturière ;
  • Le chauffage individuel au bois ;
  • Le transport routier.

À noter, que les particules les plus fines et donc les plus dangereuses sont particulièrement présentes dans les zones urbaines proches du trafic automobile.

La France, mauvaise élève

Notre cher pays n’est pas un exemple à suivre en matière de pollution aux particules fines. Déjà dans le collimateur de Bruxelles, au même titre que d’autres pays, l’Hexagone dépasse trop fréquemment le seuil autorisé par l’Union Européenne qui correspond à une concentration annuelle de 40 microgrammes par m3 et une concentration journalière de 50 microgrammes par m3 à ne pas dépasser plus de 35 jours par an.

Diverses régions et villes sont touchées par de forts taux de pollution aux particules fines :

  • Marseille
  • Toulon
  • Paris
  • Douai-Béthune-Valenciennes
  • Lille
  • Grenoble
  • Lyon et une partie de Rhône-Alpes
  • Nice et une partie de PACA
  • La Martinique

En ne respectant les seuils imposés, la France s’expose de fortes amendes pouvant monter jusqu’à plusieurs dizaines de millions d’euros. En limitant les émissions de ces particules, le gouvernement pourrait bien entendu réduire les risques sanitaires et écologiques liés à la pollution mais également faire des économies.

Chaque hiver, les pics de particules reviennent selon les conditions météorologiques : en 2013, Airparif a enregistré 33 jours de dépassements des seuils en Ile-de-France et 40 en 2012.

Une pollution dangereuse voire mortelle

La revue médicale The Lancet a publié, il y a quelques mois, une étude sur cette pollution aux particules fines démontrant que celles-ci sont nocives même si les taux limites fixés par l’Union Européenne sont respectés. Cette étude met l’accent sur les dangers de la pollution sur la santé :

Il n’y a pas besoin d’être en Chine pour voir l’impact de la pollution sur l’être humain. Cette étude démontre qu’il y a un lien direct entre le taux de concentration des particules fines dans l’atmosphère et la santé. Autrement dit, même dans les pays très propres, toute amélioration ou détérioration de la qualité de l’air – y compris minime – a des effets directs sur l’état de notre santé, dans un sens ou dans l’autre. – Thierry Rochat, professeur en pneumologie aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Les conséquences sanitaires de la pollution aux particules fines sont donc désormais incontestables et deviennent de plus en plus importantes. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé classe depuis quelques mois la pollution de l’air comme facteur cancérigène, la mettant par cette occasion au même niveau que l’alcool ou le tabac qui, eux, peuvent être éviter.

Dans un pays comme la Suisse, qui compte environ 8 millions d’habitants, on estime que 3700 décès par an sont liés intimement à la pollution. Les particules fines s’insinuent partout et malheureusement nos filtres naturels sont inefficaces face à elles. Leur taille minime leur permet de s’infiltrer partout causant ainsi de sérieux dégâts sur notre santé comme des bronchites chroniques, des maladies pulmonaires mais aussi des problèmes cardiaques et vasculaires.

Les particules en s’insinuant en profondeur dans les voies respiratoires entrainent des inflammations causant immédiatement toux, essoufflement, maux de gorge ou de tête et bien d’autres gênes. Ces désagréments sont particulièrement marqués chez les personnes fragiles : les jeunes enfants, les personnes âgées, les fumeurs, les femmes enceintes, …

Quand on augmente de 10 points le taux de particules PM 10, il y a 1 % d’hospitalisations pour raisons pulmonaires en plus. Et le risque de faire des accidents vasculaires cérébraux (AVC) est multiplié par 2,3, même si le risque reste très faible chez la personne lambda. – Patrice Halimi, chirurgien-pédiatre et secrétaire générale de l’Association Santé Environnement France.

Que faire pour lutter contre les particules fines ?

Les plus fragiles doivent diminuer les activités physiques afin de prendre le moins de risque possible.

Il est conseillé à l’ensemble de la population de ne pas faire de sport lorsque que le seuil est atteint et de s’éloigner autant que possible des axes routiers très fréquentés. Il faut également éviter de sortir pendant les heures d’affluence comme en début de matinée ou en fin de journée.

Pour se protéger, certains optent pour un masque mais il faut que ce masque soit muni d’un filtre à charbon ; les foulards ou autre masque de chirurgie ne vous seront d’aucune utilité.

Le gouvernement tente actuellement de diminuer les émissions de particules par une circulation alternée en région parisienne. Il a également dévoilé, il y a quelques jours, le plan vélo  qui a pour but développer la pratique du vélo notamment sur les trajets domicile-travail.

On espère que ces mesures seront suffisantes ou au moins le premier pas vers un air dépollué.

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11 comments

  1. Constitués de filtres au charbon actif ou électrostatiques (de meilleure efficacité), ces masques protègent contre certains allergènes, polluants et bien des odeurs désagréables. Il est en effet déjà démontré que le simple port d’un tissu devant le bas de son visage peut diminuer jusqu’à 20 % l’absorption de particules de poussière de trois microns de diamètre.
    Cependant, « il ne faut pas se leurrer, leur action est toute relative », déclarait, en 2003, celle qui était alors responsable du congrès Velo-city, Isabelle Lesens. Aucune étude digne de ce nom n’a encore prouvé l’efficacité de ces masques contre l’absorption des particules fines et ultra-fines, le problème numéro un en matière de santé. Même les masques portés par les cyclistes de l’équipe olympique américaine lors des J.O. de Pékin en 2008 n’ont pas prouvé leur efficacité concernant une diminution de l’absorption de particules ultra-fines. « En vérité », confiait Gilles Faravel de chez Res-pro le masque antipollution « protège plus des odeurs que des microparticules de diesel ».
    http://www.provelo.org/fr/rd/documentation/pollution-air-port-masque-est-il-solution
    http://www.terraeco.net/Faut-il-porter-un-masque-contre-la,54255.html

  2. Les réponses avec le Pr. Alain Grimfeld, pneumo-pédiatre à l’hôpital Amrand-Trousseau (Paris) :

    « C’est certainement nocif pour la santé et quand on voit des personnes roulant en vélo avec des masques, on sait très bien que les masques qu’ils portent sont parfaitement inutiles actuellement.

    « Il faudrait vraiment porter des masques tels que ceux qu’on a vu pendant la guerre de 1914 pour pouvoir filtrer effectivement les particules et notamment les particules fines, ou des gaz à travers un masque protecteur.

    « Il faudrait que tout ce qui est carbone et charbon puisse être dans une masse beaucoup plus épaisse que celle qui existe à l’intérieur de ces masques.

    « Ceux qui sont en vente actuellement peuvent être considérés comme très peu efficaces par rapport aux masques à gaz qu’on avait pendant la guerre de 1914-1918.

    « Cela coûte cher effectivement, ça filtre de l’ordre de 15 à 20 % des particules. C’est toujours ça de moins qui va dans les poumons, surtout quand on fait des efforts.

    « C’est mieux que rien, mais il ne faut pas dire que ça protège. » http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-pollution-de-l-air-le-velo-dangereux-en-ville–2701.asp?1=1

  3. « il ne faut pas se leurrer, leur action est toute relative », déclarait, en 2003, celle qui était alors responsable du congrès Velo-city, Isabelle Lesens (4). Aucune étude digne de ce nom n’a encore prouvé l’efficacité de ces masques contre l’absorption des particules fines et ultra-fines, le problème numéro un en matière de santé. Même les masques portés par les cyclistes de l’équipe olympique américaine lors des J.O. de Pékin n’ont pas prouvé leur efficacité concernant une diminution de l’absorption de particules ultra-fines. « En vérité », confiait Gilles Faravel de chez Res-pro (5) le masque antipollution « protège plus des odeurs que des microparticules de diesel »(6).

    Outre cette inefficacité face aux particules les plus dangereuses, le port de ce masque occasionne une gène respiratoire. L’usager doit respirer plus profondément et absorbe davantage de particules. L’arroseur se fait ainsi arroser.

    Qui plus est, arborer cet accessoire véhicule une image négative de la mobilité cycliste et renvoie à une pratique dangereuse. http://www.provelo.org/fr/rd/documentation/pollution-air-port-masque-est-il-solution

  4. Les masques c »est une façon de détourner le problème et de déresponsabiliser encore une fois l’humain la production de ces masques, cela revient a construire plus usines de traitement de l’eau pour palier a la pollution de celle ci…Tant qu’on ne remettra pas en question ce système matérialiste basé sur la croissance et le consumérisme, en gros tant que l’argent passera avant l’écologie, on évoluera pas et les problèmes de pollution se répéteront avec toujours plus d’intensité…En plus ces masques ne sont absolument pas efficace contre les gaz..

  5. Il ne faut pas oublier que les particules fines ne s’arrêtent pas à la douane franco-allemande.

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