Allons-y à vélo : entretien avec Laurent, un vélotafeur toulousain passionné

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Virginie de Citycle,
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Allons-y à vélo : entretien avec Laurent, un vélotafeur toulousain passionné

Depuis quelques jours, la ville rose voit à son tour nombre de ses travailleurs arriver sur deux-roues. Organisé par l’association 2 pieds 2 roues et la Maison du vélo de Toulouse, le challenge vélotaf « Allons-y à vélo » (AYAV) a débuté depuis lundi et aura lieu jusqu’au 10 juin 2016. Entretien avec Laurent, l’un des participants !

Deux semaines de challenge

Quel est le concept du challenge Allons-y à vélo ?

Laurent : Le principe est simple à mettre en œuvre. L’entreprise choisit une journée phare qui lui convient dans les deux semaines du challenge Allons-y à vélo. Le jour venu, un comptage des employés ou des élèves venus au travail à vélo est effectué. Il ne reste qu’à établir le ratio du nombre de cyclistes par rapport au nombre total de personnes présentes sur le site, l’école ou le collège, et à retourner le résultat à l’organisation centrale d’AYAV.

Les établissements sont classés en 5 catégories (moins de 100 employés, entre 100 et 500 ou plus de 500, écoles et collèges), avec un classement par catégorie, pour limiter les biais liés aux diversités d’organisation. Les premiers de chaque catégorie reçoivent un prix, habituellement un atelier d’entretien des vélos ! Les grosses entités peuvent, le cas échéant, envisager une participation par site.

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En 2013, le défi Allons-y à vélo a été suivi par de nombreux salariés d’Airbus.

Comment cela prend-il forme concrètement ?

Le challenge classique se déroule durant les deux semaines AYAV, du 30 mai au 10 juin. Mais comme cette année, le thème 2016 sera « AYAV toute l’année », il sera proposé aux référents de produire une comparaison entre le nombre de personnes venant au travail/école/collège à vélo durant une des deux semaines du 30 mai au 10 juin et durant une des deux semaines du 20 février au 3 mars 2017 (oui, oui 2017 !). Le résultat du meilleur jour entre le 20 février et le 3 mars 2017 sera aussi utilisé pour identifier un gagnant du « challenge d’hiver » pour chacune des catégories habituelles. L’an dernier, 61 entités ont participé au défi (61 en 2014, 57 en 2013, 48 en 2012).

En ce qui concerne le site de l’entreprise (1500 salariés) où je travaille, des salariés bénévoles organisent, depuis 8 ans, la participation à AYAV sur une journée. Je contribue à l’organisation depuis 6 ans. Chaque année, nous organisons un stand d’information pour informer les salariés sur le challenge, nous distribuons des cartes des pistes cyclables de l’agglomération, nous proposons des Bus Cyclistes spéciaux pour la journée phare (13 bus cette année) pour guider les salariés et nous prodiguons des informations sur la sécurité et les équipements ; un vélociste se déplace pour proposer des vélos et VAE en démonstration que les salariés peuvent essayer. Le jour du challenge, nous comptabilisons les cyclistes (et le nombre de kilomètres parcourus aller retour, depuis 2 ans), nous distribuons des petits équipements de sécurité vélo ; un petit déjeuner est offert pour que tous les vélotafeurs confirmés et d’un jour partagent leurs émotions !

Résultats de la journée challenge de notre entreprise qui a eu lieu le 24 mai dernier : 125 cyclistes, soit près de 10% des salariés du site (au lieu de 5% habituellement) et aussi 43 personnes en transport en commun et 13 piétons !

Un défi motivant et ludique

allon y à vélo à toulousePourquoi avoir participé à un tel challenge ?

Certains vélotafeurs réguliers sont très motivés pour inciter les salariés à venir au boulot à vélo. Le challenge est un moyen motivant car ludique pour communiquer vers les salariés et pour provoquer des échanges. En plus, l’ambiance entre vélotafeurs bénévoles est très sympathique, ce qui m’a motivé à rejoindre l’organisation d’un tel challenge.

Quels sont les avantages de venir au travail à vélo ?

Je suis habituellement vélotafeur. Les avantages sont nombreux. Je mets toujours le même temps pour aller au boulot car pas de gêne en cas de route bloquée par un accident (de voiture), par des grèves, ou par la météo (sauf 2 ou 3 jours par an si gel important ou neige importante). Ma maxime est d’ailleurs : « En voiture, on part quand on veut alors qu’à vélo, on arrive quand on veut ».

C’est aussi un moyen de transport très économique et tranquille. Les cyclistes sont tranquilles, on peut échanger facilement entre cyclistes. On peut se garer à proximité de tous les lieux de vies (marchés, théâtres, cinémas, commerces, médecin, boulanger, épicerie, etc). Le vélo permet de me maintenir en forme au quotidien. Je suis moins souvent malade que mes collègues et j’ai très bon appétit aussi surtout en janvier et février quand il fait froid !

« L’IKV ne va pas changer ma pratique »

Depuis quand pratiquez-vous le vélo et à quel rythme ?

ayav toulouseJe suis vélotafeur depuis mon 1er jour de travail sur l’agglomération de Toulouse (Blagnac plus précisément), donc depuis mars 2006. Je viens tous les jours au boulot à vélo sauf très rares exceptions liées à des déplacements professionnels. Ma compagne est dans le même rythme que moi. Nous avons aussi assez rapidement eu un usage du vélo pour tous nos déplacements sur l’agglomération de Toulouse, mais aussi pour nos vacances car nous pratiquons le cyclotourisme sur plusieurs semaines chaque année.

Nous avons fait le choix d’habiter en agglomération pour pourvoir utiliser le vélo comme mode de transport pour le travail. Progressivement, nous avons adapté notre manière de faire nos courses car il est facile de faire des achats au quotidien dans les commerces sur notre passage car les commerces sont nombreux et divers. Nous utilisons le train pour franchir les grandes distances (avec le vélo à bord). Nous avons vendu notre seule voiture fin 2008 car elle restait en permanence dans le garage.

Que pensez-vous justement de la récente mise en place de l’indemnité kilométrique vélo ? Un bon point pour la pratique ?

En ce qui me concerne, cela ne va pas changer ma pratique. Je pense que cela peut inciter à la pratique car certaines personnes bloquent sur le coût d’achat d’un vélo versus le risque de se le faire voler. Sachant que notre entreprise développe déjà des incitations financières bien plus conséquentes que ces 200€ par an de l’indemnité kilométrique vélo (notamment une participation à l’acquisition de vélo ou VAE ou bien d’autres modes doux, participation aux frais d’entretien annuel de tous ces modes doux).

Depuis 4 ans, je fais un trajet sur deux en footing l’hiver car cela permet d’avoir moins froid. Cela signifierait que je n’ai pas le droit à une indemnité alors que je suis piéton et que je n’utilise pas la voiture. Une loi devrait obliger les entreprises à appliquer l’IKV (comme la loi qui rend obligatoire le remboursement à moitié des abonnements de transports en commun) et pas seulement une loi qui permet aux entreprises et aux cyclistes de défiscaliser. L’indemnité devrait être aussi pour les piétons, rollers et autres modes doux.

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2 Commentaires sur "Allons-y à vélo : entretien avec Laurent, un vélotafeur toulousain passionné"

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Pierre Gilles
Invité

Cette année, seules 3 villes françaises participent du 01 au 31/05/2016 au challenge européen de vélo : http://www.cyclingchallenge.eu/fr/home . l’année prochaine, ce serait bien que d’autres grandes villes de France s’inscrivent 🙂

Vincent
Invité

Le porte-bagage et la sacoche (étanche) sont les amis du vélotafeur.

De même pour les garde-boues.

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