En vélo sur l’Amazone

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En vélo sur l’Amazone

Les projets dingues de cyclotourisme à travers le monde sont nombreux mais  Hervé Neukomm, 34 ans  vient de réussir un pari qui semble impossible : descendre l’Amazonie en bateau-vélo.

Le Vaudois a en effet rallié l’Équateur au Brésil, par le Pérou, à l’aide d’un bateau propulsé à la seule puissance de … ses mollets. Il a en effet eu l’ingénieuse idée d’équiper son embarcation avec un vélo. Son objectif: se faire plaisir bien sûr, mais aussi et surtout sensibiliser les jeunes à la réalité de la déforestation de l’Amazonie et la menace d’extinction des peuples indigènes.

Le 26 juin dernier, après quelques mois de voyage, il est arrivé à sa destination finale, au terme de 7’500 kilomètres parcourus sur 26 rivières. Il décrit lui même cette aventure: Des moments terribles, magnifiques, inoubliables. Intensif et réel, ainsi peut se résumer le vaste bassin amazonien.

Avant de se lancer le pari avec son « Biciboat » Pura Vida, Hervé avait déjà parcouru environ 40’000 kilomètres à vélo, mais sur terre. Son premier défi était de rallier le Tibet pour s’imprégner de son essence spirituelle: J’avais besoin de plus de profondeur, de donner un sens au voyage. Partir à vélo était pour moi la meilleure technique pour vivre des expériences fortes. En Turquie, surpris par des températures quasi polaires, il décida cependant de changer de trajectoire et de se lancer à la conquête du continent Africain, qu’il traverse du nord au sud, en l’espace de deux ans.

C’est toutefois sur les routes de l’Amérique du Sud, entre les paysages luxuriants de l’Argentine et les zones arides de l’Altiplano, où les glaciers de la Cordillère royale fondent à vue d’œil qu’Hervé a forgé son principal objectif: Je voulais trouver un moyen de m’impliquer davantage dans les problèmes qui me tiennent à cœur, comme celui de l’environnement.

Mariage réussi entre un vélo suisse et un bateau brésilien

Il s’installe quelque temps en Équateur et il y élabore son projet, traverser le bassin de l’Amazonie en bateau-vélo. Il suffisait de fabriquer un hydro-cycle, un bateau de pêche traditionnel avec un vélo fixé à l’arrière et un système ingénieux qui fait tourner une roue dans l’eau, à l’image des bateaux que l’on trouve dans le Mississipi. En deux mois, le Biciboat était construit. Comme la plupart des bateaux qui sillonnent l’Amazone, il est assez étroit. C’était indispensable pour naviguer à travers la forêt. Construit en cèdre et muni de deux hélices, l’arrière du bateau ne s’enfonçait que de 4 à 5 centimètres dans l’eau. J’avais la sensation de voler sur l’eau. Mariage réussi entre un vélo suisse et un bateau brésilien.

La photo, son autre loisir

Dans son aventure, Hervé a pu aussi allier son autre loisir, sa passion: la photo. Au départ, l’idée était de réaliser un documentaire, réunir du matériel didactique afin de sensibiliser l’opinion publique sur les  grands challenges à relever au XXIème siècle dans cette région particulièrement sensible. Du moins ceux qui me concernent en priorité, de par mon expérience et ce loisir très prenant qui me conduit sur les routes du globe: l’environnement et la “marginalisation” des minorités ethniques. Il y va même de la survie. Finalement, au fil du voyage, mon envie était forte de partager avec mes amis et connaissances qui suivaient mon périple via internet. Le résultat, il est vrai, est bluffant sur les pages de son site: http://www.hervepuravida.com

Son mode de transport non-polluant et original lui a servi de maison flottante pour les six mois de l’expédition, entre l’Equateur et le Brésil en passant par le Pérou, sur le Rio Napo puis le Rio Amazone. Avec cette approche non-conventionnelle j’ai eu la chance de rentrer en contact avec les communautés locales d’une façon plus humble et dans un respect mutuel. De par la lenteur de mon voyage, j’ai pu réellement me rendre compte de l’intérieur des problèmes écologiques et de déforestation. J’ai même craint pour ma vie dans des zones infestées par des pirates et des narcotrafiquants sans scrupules qui n’hésitent pas à tuer pour voler.

Hervé garde un souvenir émerveillé de ses échanges avec les dauphins: Ils m’ont accompagné et guidé pour échapper aux dangers du fleuve. Je peux même affirmer qu’ils m’ont sauvé la vie en me guidant  toujours vers les recoins les plus sûrs. Sur le Rio Negro, Il existe un endroit où ils sont habitués aux hommes. Il y a même des programmes de soins avec les dauphins pour les gens qui ont des problèmes psychiques ou voire de mobilité.

Hervé a fini d’en découdre avec le fleuve mythique mais pas avec son loisir, sa passion, le vélo: A mon retour en Europe, je prévois de diffuser mon documentaire et d’organiser des conférences et des expositions, principalement dans les écoles. Je pense que c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour éveiller les consciences sur le fait que nous devons réagir et agir pour le bien de la planète.

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