La Trottineuse : un voyage autour du monde à deux roues… de trottinette !

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Virginie de Citycle,
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La Trottineuse : un voyage autour du monde à deux roues… de trottinette !

Blandine, connue sous le pseudo de La Trottineuse, nous raconte comment s’organise son tour du monde à trottinette. Parcours, matériel, but, … Interview !

Parlez-nous de votre projet très original ?

La Trottineuse : Je fais un tour du monde en trottinette ! Mais il y a un peu plus que ça, en fait je vis « sur la route » depuis un certain temps, car j’ai décidé de changer de façon de vivre il y a plus d’un an. J’ai déjà plus de 23 000 km au compteur, issus d’un tour d’Europe qui m’a pris une année et du retour sur la route depuis la Provence. Je suis en autonomie : je dors sous la tente, dans la nature, j’ai de quoi cuisiner, etc. Il est possible de suivre l’aventure sur Facebook mais aussi de se renseigner par mon site web, sur lequel j’explique et montre beaucoup de choses : des galeries photos du tour européen, aux écrits, à la philosophie, au matériel, etc.

Tour du monde à trottinette

Comment vous est venue l’idée de La Trottineuse ?

La Trottineuse : J’ai découvert le footbike, cette trottinette de sport (une grande roue avant, une petite à l’arrière), en Finlande. Ensuite tout est allé assez vite. Dès que j’ai commencé à pratiquer, j’ai su que j’avais trouvé « l’outil » qui me permettrait les changements que je voulais à l’époque. C’est d’une part une quête personnelle de la vie bonne, doublée d’une exploration empirique du monde, à énergie humaine. C’est aussi une action publique et politique. Je partage l’aventure, des photos, des articles, j’essaie de montrer que l’on peut voyager différemment, et vivre de peu. Je n’ai pas de revenus. Quand j’ai bouclé le tour d’Europe j’avais épuisé mes 2000€ d’économies, et je l’ai fini grâce aux dons et à la générosité des gens rencontrés, aussi bien que celle de certains qui me suivent en ligne.

L'équipement de La Trottineuse

« Vivre de peu »

Je pratiquais aussi le glanage, la récup, tout ce que je pouvais trouver de comestible, qui finit à la poubelle ! Pour ce tour du monde, même principe, cette fois je n’ai même pas d’économies personnelles, je suis partie avec environ 1500€ issus d’une campagne d’appel à dons (une partie est déjà investie dans le nouveau matériel, ce qu’il me reste me sert pour débuter et surtout pour les premiers visas et assurances). J’essaie vraiment de m’émanciper du modèle économique classique, de trouver des alternatives en ce qui concerne la circulation des biens et de l’argent. Et puis je vis de peu. Le voyage est grand ouvert à l’improvisation. Il se peut que je m’arrête à certains endroits pour financer un visa, une assurance, que sais-je. J’essaierai toujours de trouver des solutions basées sur la participation libre lors d’une intervention par exemple, ou du partage de mon expérience, ou bien par l’échange de compétence, en évitant le salariat.

Côté pratique, comment transportez-vous vos affaires ?

La Trottineuse : J’ai beaucoup appris lors de mon tour d’Europe : lors d’une halte en Provence juste avant de repartir direction la Route de la Soie. J’ai donc revu ma configuration. Ma philosophie d’une vie simple s’accompagne bien d’une exploration d’un certain minimalisme matériel : on peut l’appeler « ultra-léger ». J’ai à la fois du matériel assez pointu (par exemple des pots en titane très léger – cette fois, j’ai eu pas mal de soutien de petits fabricants de matériel d’expédition, ce qui m’a aidé à assembler mon barda minimaliste et ultra-léger), et j’ai essayé de composer de façon à faire face à différentes situations avec un minimum de matériel.

Trouver son matériel pour trouver son équilibre

J’ai par exemple des pots qui se ferment, avec lesquels je peux cuisiner (ils vont sur le feu), mais dans lesquels je peux aussi transporter de la nourriture ou même de l’eau (lorsque j’aurai besoin d’avoir beaucoup de réserve). Au lieu de préparer du café à la cafetière ou autre, je fais mon café à la turc, directement dans le récipient qui me sert à boire, sur un réchaud à alcool ultra léger. Plus généralement, je considère que cette recherche et cette expérience de l’équipement adéquat ne peut être que personnelle. A chacun de trouver son équilibre, en expérimentant sur le terrain, et cela peut évoluer au fil du temps.

La Trottineuse explore le monde

Quel va être le parcours ? Allez-vous utiliser d’autres moyens de transport ?

La Trottineuse : Je suis repartie de Provence, en commençant par remonter vers le Nord puisque j’ai promis de passer en République Tchèque ! Mais ensuite, direction l’Orient, Turquie, Iran, puis la célèbre route du Pamir, puis l’Asie centrale, la Mongolie, la Chine, l’Inde… etc. Je me lance à mon tour sur la route de la Soie. En cours de route, les choses changent souvent, mais aujourd’hui, je souhaite aussi « faire le tour » de l’Asie du sud-est. J’aimerai beaucoup tenter d’entrer en Corée du Nord, puis trouver un moyen de passer en Amérique du Nord, Alaska. Je souhaite tout faire pour ne pas prendre l’avion, il y aura donc de la navigation a priori !

Itinéraire suivi par La Trottineuse

Pour le tour d’Europe, j’avais une moyenne de 60 km par jour environ. Ce sera sans doute à peu près la même chose !

Vous avez déjà effectué des voyages à vélo ? Que retenez-vous de ces expériences ?

La Trottineuse : Je pense que mon expérience depuis plus d’un an s’y apparente. C’est seulement un peu plus dur car il n’y a pas de vitesses, tout est dans les jambes ! Pour moi, c’est devenu un mode de vie, une éthique, qui répond pour l’instant parfaitement au besoin d’une certaine désaliénation…

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