Les ronds-points à vélo – Est ce que les bandes cyclables sont la solution?

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Les ronds-points à vélo – Est ce que les bandes cyclables sont la solution?

Dans un précédent article, j’ai essayé de développer les raisons pour lesquelles il faut à la fois être prudent sans être pour autant dans l’angoisse pour aborder et franchir cet obstacle que sont les ronds-points – dont je rappelle que leur nom est « carrefours à sens giratoire » – on peut dire tout simplement « giratoire ».

J’avais écrit un texte, qu’une main adroite et plus habile que moi dans le domaine de la mise en page et de l’illustration, a agrémenté de deux photographies. Sur la première, on voit un cycliste plutôt bien placé puisqu’il est pratiquement au milieu de sa voie et suivi à bonne distance par une voiture, et on aperçoit un panneau déjà ancien qui correspond plutôt à la définition du rond-point de jadis (il indique que les véhicules doivent tourner dans le sens anti-horaire). Mais la seconde, certainement plus récente, a aussitôt attiré mon attention, car elle semble en contradiction avec ce que j’avais précédemment expliqué. En effet, dans ce giratoire relativement vaste (où la vitesse est donc assez élevée*), on a pris la précaution d’offrir aux cyclistes une bande réservée à l’extérieur de la voie (et pas une voie matériellement séparée de celle des véhicules à moteur, ce qui aurait alors été considéré comme une piste cyclable). Grave erreur, que je vais expliquer ici.

faire du vélo dans un rond-pointPlus un giratoire est vaste, plus il est tentant de suivre la plus faible courbure pour, sinon augmenter la vitesse de franchissement (je suis bien naïf !), du moins limiter l’inconfort de la force centrifuge. Et on sait que vitesse élevée, même relative, signifie risque supplémentaire pour les cyclistes, car cela réduit le temps dont dispose l’automobiliste pour observer, jauger, analyser et décider de ses actes. Dans le cas qui nous est présenté, les cyclistes n’ont pas, du moins c’est ce à quoi ils sont incités, la possibilité de quitter le bord extérieur de la chaussée. Et c’est pour eux un véritable piège, car, s’ils doivent décrire par exemple trois quarts de cercle avant de sortir, et qu’ils sont suivis par un automobiliste qui n’en décrit qu’une moitié, cet automobiliste a toutes les chances de sortir du giratoire devant leur roue, leur faisant à l’occasion une belle frayeur doublée d’une jolie « queue de poisson ». Je ne dis pas que cette manœuvre dangereuse est volontaire, mais elle fait partie des mœurs, aucun (ou presque) automobiliste ne prenant la précaution élémentaire de contrôler dans l’angle mort arrière droit la présence d’un autre usager. C’est l’effet pervers de la règle dite de la  » priorité à droite « , doublée de l’inconscience et d’un apprentissage défaillant des règles de sécurité.

Faire attention aux dangers dans les giratoiresCeux qui ont dessiné cette bande cyclable ne peuvent pas avoir eu de mauvaises intentions, mais ils ont fait preuve d’une grande méconnaissance des contraintes auxquelles sont soumis les cyclistes, et des risques auxquels ils sont exposés. Par chance ici, cependant, il ne semble pas que cette bande cyclable soit obligatoire : les cyclistes peuvent donc la laisser sur leur droite, et emprunter la voie qui paraît dévolue aux automobilistes. Mais là, ce sont ces derniers qui n’y comprendront plus rien, ce qui ne va pas arranger les relations entre usagers.

Pour conclure, disons qu’il ne serait pas mauvais de faire rentrer quelques cyclistes dans les bureaux d’études où se décident et se dessinent les aménagements routiers…

*Ce qui ralentit les automobilistes, c’est l’inconfort. On roulera spontanément plus doucement sur les pavés, sur une route en mauvais état, ou une chaussée trop bombée, que sur une autoroute au revêtement impeccable. Les mouvements du véhicule transmis par la suspension, les bruits de roulement plus importants amènent à « lever le pied ». C’est ainsi que plus le giratoire a un court rayon de courbure, moins la vitesse est importante puisque la force centrifuge (pour le mode de calcul, je vous renvoie à Wikipédia, ou encore à ce site trouvé par hasard) entraine un inconfort et une détérioration de la tenue de route qui croissent en raison du carré de la vitesse.

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5 comments

  1. Il va de soit que pour un Pecknocrate… le code de la route est fait pour être suivi même quand il est complétement débile du moment ou il justifie son salaire. par exemple: métte son clignotant à GAUCHE quand on va tourné à DROITE ( entrée sur une voie rapide) ou allumer ses feux quand il pleut et que la visi est « mauvaise » Histoire de perturber l’oeil du prédateur ( ici conducteur qui vient en face ! ) alors que l’on est, et reste en toutes circonstances responsable devant celui qui est ébloui pas ses phares… A méditer dans les chaumières et ne pas confondre sécurité, impression de … Et emmerdé le monde! Devant la dégradation permanente de la qualité de la route au nom de la sécurité … Ou le but est de vendre des autos dont on ne peut plus se servir ( vitesse moyenne de déplacement en chute libre depuis 30 ans !) la règle est de regarder plutôt que de faire confiance quand on voit le balais des clignotants dans les rond-points… J’ai décidé ne ne plus jamais en mettre car on doit TOUJOURS tenir son volant ! Ca règle le problème , même au prix de faire un tour pour rien de temps en temps !

  2. Une petite note supplémentaire qui n’est pas une réponse à un commentaire).

    La seconde photographie qui illustre cet article a été prise à Nantes, à proximité de ce que les habitants appellent la « gare sud ». Et elle a le mérite de montrer que le pire (presque partout en France, et parfois même à Nantes) peut côtoyer le meilleur comme ici. Voici un parfait exemple de ce qui pourrait être fait systématiquement dans une ville qui offrirait aux cyclistes la même considération qu’aux automobilistes (ce qu’on cherche à faire à Nantes, pas toujours avec succès).

    Comme j’y invite mes frères cyclistes, le vélo est ici au milieu de la chaussée, et son feu rouge arrière est allumé (il s’agit peut-être d’un bicloo, le vélib’ local). Il décrit un courbe, dans une sorte de couloir marqué au sol, qui suit le dessin du giratoire, et la voiture qui le suit ne peut/doit pas le dépasser par la gauche, et encore moins par la droite. Ainsi, la sécurité est assurée, sans la moindre gêne pour les uns ou les autres.

    N’est-ce pas mieux ainsi?

  3. Je roule TOUTE L’ANNÉE à vélo pour aller au travail et pour ma balader pendant mes vacances.

    Pour moi, un rond point avec une BANDE CYCLABLE est un piège à cycliste…

    Il a fallut des décennies pour mettre au point ces “carrefours à sens giratoire” véritable évolution dans le monde de l’automobile.

    Qui va enfin penser à y adapter de VRAIS PISTES CYCLABLE séparées matériellement de la voie des automobilistes Y COMPRIS AU SORTIR DU GIRATOIRE.

    Cordialement

  4. Effectivement la vitesse urbaine des voiture est devenue semblable à celle des cyclistes du quotidien
    aussi les aménagements spécifiques sont à réserver aux promeneurs du dimanche sous peines de frayeurs parfois doublé de chutes .

    michel

  5. guy

    Je partage l’expérience et le point de vue d’André : les bandes cyclables sur rond point sont pour les cyclistes extrêmement dangereuses : véhicules sortant sans clignotant ni vérification dans le rétro, viol de priorité de la part des véhicules entrant. L’entrée sur le rond point est elle meme périlleuse car les voitures vous serrent contre le trottoir en coupant au plus court. Une seule solution : se déporter au milieu de la chaussée dés avant l’entrée du giratoire, rester au milieu de sa file sur le giratoire.
    Les pistes cyclables autour du rond point ne sont pas non plus une solution, puisque vous avez une perte de priorité à chaque intersection (+ bien souvent un dénivellé de quelques cm qui met à mal vos roues et roulements de direction).
    Exact, Michel, la vitesse moyenne des automobiles dans les villes de France est de 21 km/h, soit sensiblement inférieure à celle d’un cycliste entraîné ou d’un patineur ! Cette différence est encore plus grande dans les hyper centres.

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