Mieux respirer en ville : le guide destiné aux élus locaux

Publié par Emilie, le  28 octobre 2016
Mieux respirer en ville : le guide destiné aux élus locaux

Le 22 septembre dernier, un guide destiné aux élus locaux a été publié par le Réseau Action Climat. Le sujet du guide, proposer une série d’actions pour modérer le trafic routier et privilégier les mobilités alternatives telles que le vélo, la marche ou le covoiturage. Nous vous proposons de découvrir quelques-uns des points clés énoncés dans ce guide censé pousser les responsables mais aussi chacun à agir sur la mobilité et les transports face aux situations sanitaires et climatiques préoccupantes actuelles. 

Suite à la COP21, et plus particulièrement à l’Accord de Paris,  l’heure est pour la France d’œuvrer à l’application effective de la loi de transition énergétique. Pour rappel, l’Accord de Paris avait réuni 195 pays de la Convention Climat de l’ONU autour d’un engagement : limiter la hausse des températures globales et ce via des efforts pour les maintenir « en deçà de 1,5°C« .

C’est ce que nous rappelle notamment l’association Réseau Action Climat. Parmi les objectifs fixés, l’usage des énergies renouvelables et la réduction d’au moins 40% de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 ont été définies comme étant prioritaires. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé Réseau Action Climat à réaliser et publier ce guide explicatif « Les villes « Respire » de demain.

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A l’heure actuelle, la situation est loin de s’être arrangée. Tous les territoires continuent à être touchés par le problème de la pollution de l’air, ce que n’omet pas de souligner l’association. En effet, la pollution concerne aussi bien les zones rurales que les grandes, petites et moyennes villes.

« Tous les territoires sont concernés par la pollution de l’air : en moyenne, l’espérance de vie à 30 ans est réduite de 15 mois dans les grandes villes, de 10 mois dans les petites et moyennes villes et 9 mois en zone rurale »

Une réalité qui fait dire à l’association que « la mise en cohérence des politiques menées au niveau local devrait être une priorité » dans le respect de leurs engagements. La moitié des déplacements automobiles en France faisant moins de 3 km, l’association estime que la réduction du trafic routier est le pilier central sur lequel devraient se baser les actions entreprises. Ceci afin de nous permettre de reconquérir la qualité de l’air et bien sûr de tirer des profits plus que positifs, tant dans le domaine sanitaire qu’environnemental.

Les « 1000 et 1 raisons d’agir » sur les mobilités alternatives

Dans sa première partie intitulée les « 1.000 et 1 raisons d’agir », le guide nous présente les raisons pour lesquelles une prise de conscience sur les problèmes climatiques actuels est nécessaire. Au programme, pourquoi modérer la place des véhicules motorisés, les transports en tant que acteurs sur le changement climatique, les impacts de la pollution de l’air sur la santé, l’environnement et l’économie. Sont ensuite énoncés quelques exemples de réalisations déjà accomplies par des villes telles que Dublin, Madrid, Hambourg, Bruxelles, Grenoble ou Paris.

Le guide poursuit en expliquant que 4 leviers d’actions devraient être pris en compte dans le but de repenser la place des véhicules motorisés en milieu urbain. Premier point, la mise en place d’une politique de régulation du stationnement en cohérence avec les politiques de mobilité durable. L’association rappelle qu’avec la loi de transition énergétique, l’interdiction de circuler pour les véhicules les plus polluants dans les zones à circulation restreinte (ZCR) devrait être applicable au niveau des communes, comme ce fut notamment le cas de Paris.

Pollution solution véloEffectivement, la capitale a déjà adopté ce nouveau dispositif dans le cadre de son plan anti-pollution. Réseau Action Climat affirme ainsi que pour le bien du climat et pour le bien de tous, une vingtaine d’autres d’agglomérations devraient également suivre l’exemple.

Deuxième levier, la possibilité pour les communes de généraliser la limitation de vitesse à 30 km/h en ville et de réduire les vitesses sur les rocades. Le tout pour modérer et fluidifier le trafic. Une démarche qui vise à encourager la marche ou la pratique du vélo. Ce point vient en complément des marges de manœuvre déjà existantes pour le développement de zones à circulation apaisée. Dans le centre de Nantes, par exemple, une zone à trafic limité est déjà effective, avec pour conséquence une baisse du trafic routier et une  explosion considérable de la pratique du vélo.

Pour une transition énergétique en douceur

Le guide nous présente, dans sa 3ème partie intitulée « les règles d’or pour une transition en douceur »,  les actions à entreprendre pour informer, sensibiliser, et impliquer au maximum la population. Selon l’association, des campagnes de communication devraient prendre forme, aux côtés d’animations autour du sujet et des débats sur comment organiser une mobilité soutenable pour tous. Ateliers mobilité, cafés citoyens, réunions publiques, écoute des associations locales, ou encore boîtes à idées et budget participatif sont préconisés.

A plus grande échelle, l’association souhaiterait voir naître des événements de sensibilisation pour un changement de comportement tels que les journées sans voiture, la mise en place de l’indemnité kilométrique à vélo dans les entreprises ou encore la création de vélo écoles.

La dernière partie du guide intitulée « Les indispensables » résume l’importance des politiques locales de mobilités actives, en faveur de la marche ou du vélo. L’on y découvre les pré-requis pour passer de la « ville marchable » à la « ville sans voiture » et les conditions à réunir pour faire de sa ville une ville cyclable. Des nombreux conseils sont prodigués sur la sécurité des piétons, le goût de la marche, les bienfaits du vélo comme transport de masse.

Villes avec zones piétionnes

En conclusion, les auteurs du guide assurent qu’ »il n’y a aucune raison d’hésiter à agir« . Les bénéfices à tirer d’une action ferme et ambitieuse peuvent dépasser la sphère environnementale pour toucher l’économie locale, le mode de vie – baisse des nuisances sonores et visuelles-, la morbidité due à la pollution de l’air, la sécurité routière, etc.

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